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31 juillet 2025
Vingerklip > Etosha

Réveil au Vingerklip Lodge, devant ce somptueux paysage aux airs de Monument Valley.

En refaisant le lit, on découvre un petit gecko tranquillement installé sur le rebord de la fenêtre.

À 8h30, nous rejoignons la salle du petit‑déjeuner où un immense buffet nous attend. Le chef prépare des omelettes à la demande, et l’on trouve un large choix de charcuterie, de pains et même de fromages - ce qui nous manque toujours le plus en voyage. Installés face aux falaises, on profite une dernière fois de la vue incroyable qu’offre le lodge.

Nous retournons ensuite à notre case pour rassembler nos affaires. Nous quittons à regrets cette chambre avec sa grande salle de bain et sa terrasse ouverte sur le paysage... Une fois prêts, nous nous rendons à la réception pour le check‑out.

Ce matin, nous avons décidé de faire la courte randonnée menant au Vingerklip : le Vingerklip Walk. Celle-ci est donnée pour 1h aller-retour. Avant de partir, nous demandons l’autorisation de faire voler notre drone : la réceptionniste accepte, à condition de ne pas survoler l'hôtel. Yes !

C'est parti pour une petite marche matinale en pleine brousse ! D'ici, le rocher du Vingerklip se dresse comme une sculpture monumentale au milieu du paysage désertique. Formé il y a plus de 15 millions d’années, ce vestige d'un ancien plateau s'élève à 35 mètres au-dessus de la vallée de l'Ugab. Sa silhouette élancée lui a valu le nom de "pince à doigt", soit "vingerkilp" en allemand.

En avançant, on réalise que le Vingerklip est bien plus haut qu’il n’y paraît, et que l’ensemble forme une structure encore plus impressionnante vue de près.

Arrivés au pied du Vingerklip, nous recroisons des belges rencontrées sur la Kuiseb Pass. C’est la première fois qu’on revoit autant de visages déjà croisés au cours d’un voyage — preuve qu’en Namibie, il n’y a pas trente‑six itinéraires possibles !

Une fois les Belges parties, nous avons le site pour nous tout seuls. Je demande à Nella d’aller se placer au pied du rocher, histoire de se rendre compte de sa vraie taille.

D'ici, nous avons une vue imprenable sur la vallée de l'Ugab et ses mesas.

Il est temps de prendre de la hauteur !

Depuis les airs, on distingue parfaitement le lodge ainsi que les différents sentiers qui sillonnent la réserve.

Après une bonne trentaine de minutes passées sur place, il est temps de faire demi‑tour et de reprendre le sentier.

Nous sommes de retour au lodge peu avant 11h00. Nous recommandons vivement de venir découvrir le Vingerklip, que ce soit pour y passer la nuit ou simplement pour randonner sur le site. C’est un endroit qui mérite vraiment le détour, et l’un des meilleurs lodges de notre séjour. Ambiance intimiste, cuisine excellente, paysages à couper le souffle et rapport qualité‑prix imbattable.

Après cette parenthèse minérale au Vingerklip, il est temps de reprendre la route pour découvrir un autre lieu unique en Afrique : le parc national d’Etosha. Nous avons prévu d’y consacrer les trois prochains jours.

À peine avons‑nous roulé 1 kilomètre qu’un varan traverse juste devant nos roues ! Celui‑ci est énorme, facilement plus d’un mètre de long. Je descends aussitôt pour le prendre en photo : il est encore plus impressionnant de près.

À sa démarche et à son ventre bien rond, je devine qu’il s’agit probablement d’une femelle pleine.

Après 2h15 de route, nous atteignons Anderson Gate, qui matérialise à la fois l’entrée sud du parc et la fameuse barrière sanitaire. Etosha compte quatre entrées principales : Anderson Gate au sud, Von Lindequist Gate à l'est, King Nehale au nord et Galton Gate à l'ouest. Le garde nous arrête et nous demande si nous transportons de la viande crue dans notre glacière. Nous répondons que non. Il enchaîne en nous demandant si nous avons des sacs plastiques, et là encore, la réponse est négative. À notre surprise, il ne fouille pas la voiture et se contente de nous remettre un formulaire à remplir et à présenter au camp d'Okaukuejo.

Nous pénétrons dans le parc national d’Etosha, prêts à découvrir l’un des plus grands sanctuaires de vie sauvage d’Afrique australe. Ici, la faune est reine : plus de cent espèces de mammifères, dont le très rare rhinocéros noir, évoluent sur près de 22 000 km². Avec ses pistes bien entretenues et son balisage clair, le parc national d'Etosha est très facile à explorer en autonomie. Il suffit de se garer à proximité d'un point d'eau et d'attendre que les animaux viennent d'y désaltérer.

Nous nous rendons au premier point d'eau accessible depuis l'entrée sud : Ombika. À peine arrivés, nous assistons à une scène incroyable : zèbres, springboks, gnous, phacochères, presque tous les mammifères de la savane semblent s’être donné rendez‑vous autour du point d’eau. La scène est dingue, on repense à tous les reportages animaliers qu'on a visionné. Purée, on y est !

Zèbres

Springboks

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Gnous

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Autruche

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Oryx, l'animal national

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Grand koudou

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Phacochère

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Impalas à face noire

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Girafes

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Nous ne nous attendions pas à une telle concentration d’animaux autour d’un seul point d’eau ! La scène est tellement irréelle qu’on a l’impression d’assister à une version grandeur nature de l’Arche de Noé.

Certains animaux sont drôles à observer, à l'image de cette autruche occupée à faire sa toilette...

... ou cette girafe en plein repas ^^

Difficile de détourner le regard de ce spectacle incroyable offert par la nature. Après une demi‑heure de pure contemplation, nous devons pourtant nous résoudre à reprendre la route pour rejoindre l’entrée du parc.

La route entre Ombika et Okaukuejo n'a pas fini de nous surprendre... En roulant, nous repérons un magnifique rollier à longs brins perché sur une branche. Avec ses couleurs vives — violet, turquoise, orange — impossible de le manquer dans le paysage !

Quelques kilomètres plus loin, nouvelle halte : depuis la route, cette fois, ce sont des girafes que nous voyons rassemblées autour d’un arbre. On s’arrête aussitôt pour les photographier, fascinés par leur façon délicate d'arracher les feuilles tout en évitant les épines.

Arrivée à Okaukuejo, l’un des trois camps principaux d’Etosha. Une fois de plus, l’organisation n’est pas simple : l’accueil compte quatre guichets dont un seul est réservé aux visiteurs du parc. Les trois autres sont dédiés à l’hôtel et au camping, mais l'absence de fléchage crée une file d’attente confuse où chacun cherche sa place.

Quand vient notre tour, la Ranger nous reçoit sans grande amabilité et nous demande combien de nuits nous passerons dans le parc. Nous lui expliquons que nous avons une seule nuit prévue à Halali. Elle nous précise alors que, puisque nous dormirons à l’extérieur du parc le surlendemain, il faudra repasser par le checkpoint le matin pour nous enregistrer à nouveau.

Nous réglons les droits d’entrée, remplissons une nouvelle fois les mêmes formulaires qu’à la barrière sanitaire… et repartons sans même un plan du parc. Heureusement que nous en avions imprimé un avant de partir... Au final, l’organisation laisse clairement à désirer et l’accueil manque de considération.

Nos entrées réglées, nous décidons d’aller manger un morceau : il est 14h30 et la faim commence sérieusement à se faire sentir. Nous partons donc à la recherche d’un snack… mais, une fois encore, aucune signalétique ne permet de s’y retrouver. Nella finit par demander à un employé du parc où l’on peut trouver à se restaurer. Il nous indique une petite boulangerie située sur une placette. À l’intérieur, les rayons sont presque vides et aucun prix n'est affiché. Nous prenons les deux empanadas au poulet-mayonnaise restant et sortons manger sur un banc.

À 15h00, il est temps de reprendre la route : il nous reste encore deux heures pour rejoindre le camp de Halali avant la tombée de la nuit. La piste principale étant fermé pour cause de travaux, nous devons emprunter une piste plus longue d'une dizaine de kilomètres.

En chemin, nous apercevons deux springboks. 

Lorsque nous arrivons au point d'eau de Gemsbokvlakte, la chance nous sourit : quatre magnifiques éléphants sont là, en train de se rafraîchir dans l’eau. Au moment où nous rédigeons cet article, la population d'éléphants à Etosha est estimée à plus de 2500 individus. Leur gabarit est bien plus imposant que celui des éléphants du désert : ils sont immenses et leur présence impose le respect. On les observe agiter leurs grandes oreilles puis plonger leur trompe pour aspirer l’eau — on entend le bruit de succion depuis la voiture — avant de s’asperger généreusement.

 

L’émotion gagne Nella : voir des éléphants d’Afrique faisait partie de ses rêves, et les avoir devant nous, si proches, dépasse tout ce qu’elle imaginait...

5

Après une demi‑heure de contemplation, il est temps de reprendre la route pour rejoindre Halali. Difficile de s’arracher à un spectacle aussi beau, mais nous n’avons pas vraiment le choix. Nous ne nous arrêtons pas à d’autres points d’eau — timing oblige — mais, sur la piste principale, nous croisons tout de même de nombreux zèbres, quelques gnous et plusieurs bubales au physique atypique !

Il est 17h00 lorsque nous arrivons au Halali Resort. Nous nous rendons à la réception pour récupérer les clés du bungalow réservé pour la nuit. Là encore, l’accueil est désastreux et, comble du ridicule, on nous annonce qu’une caution de 500 NAD est exigée. Même les lodges les plus luxueux où nous avons séjourné ne nous ont jamais demandé de dépôt !

Nous nous voyons attribuer le logement n° 15, tout au fond du camp. Petit conseil : même si c’est tentant, mieux vaut éviter de se déplacer à pied à l’intérieur d’Halali. Le camp est très peu éclairé la nuit, il n’y a pas de trottoirs, et chaque passage de voiture soulève d’épais nuages de poussière.

Le bungalow est dans son jus mais, s'agissant d'un parc national, nous le savions. Le lit est confortable et recouvert d'une grande moustiquaire. La salle de bain est très rudimentaire mais propre, et nous avons même une petite terrasse privative.

À 18h00, à peine les valises déposées, nous partons en direction du point d’eau du camp, situé à quelques centaines de mètres. Chaque camp possède son propre point d’eau et celui d’Halali est réputé pour être le plus intimiste.

Cette fois, la chance n’est pas au rendez‑vous. Pendant une heure, aucun animal ne se montre… à l’exception d’un petit écureuil venu grappiller quelques miettes.

 Heureusement, le coucher de soleil nous offre un magnifique lot de consolation.

Une fois le soleil couché, nous décidons d’aller dîner. Le restaurant, en revanche, ne laisse pas un souvenir impérissable : l’ambiance est assez impersonnelle et l’organisation clairement débordée. À notre arrivée, la nappe est encore sale, le buffet déjà bien entamé et nos bières mettront plus d'une demi-heure à arriver.

 

Le contraste avec les lodges privés est saisissant : on ne cherche pas le luxe, simplement un minimum de soin et de considération.

Une fois le repas terminé, nous retournons au point d’eau à 20h30 et nous retenons notre souffle : devant nous, une famille de rhinocéros noirs est en train de se désaltérer. Ils sont là, massifs, puissants, et pourtant incroyablement vulnérables. Etosha abrite aujourd’hui la plus grande population de rhinocéros noirs au monde, alors même que l’espèce est en danger critique d’extinction. Face à ces animaux menacés, un mélange de respect, d’émerveillement et de gravité nous gagne. Cette rencontre nous rappelle à quel point ces instants sont rares et précieux.

Une trentaine de personnes est déjà assise sur les rochers formant un amphithéâtre naturel au-dessus du point d'eau. Nous nous installons en prenant soin de faire le moins de bruit possible. L'ambiance est très respectueuse de la faune et tout le monde observe les rhinocéros dans un silence presque religieux. 

La famille de rhinocéros est bientôt rejointe par un couple, qu’elle accueille d’un regard étonnamment placide. Leur calme nous surprend. Nous les imaginions bien plus belliqueux.

Peu à peu, d’autres rhinocéros affluent vers le point d’eau. La famille est bientôt entourée de plusieurs individus et l’ambiance change légèrement : par moments, la tension se fait sentir. Rien de violent mais on perçoit que ça se charge un peu, quelques coups de cornes sont échangés. 

Nous sommes captivés par ces scènes de vie animale, on voit même le jeune rhinocéros téter sa mère. Trois autres individus rejoignent le groupe, portant leur nombre à huit. Parmi eux, deux jeunes s’amusent à se charger, tandis que les plus âgés montrent parfois quelques signes d’agacement.

Soudain, une hyène tachetée, visiblement téméraire, s’avance pour boire au point d’eau. Tout le monde guette la réaction des rhinocéros… mais aucun ne bronche. Pas un regard, pas un mouvement. Une scène totalement improbable !

Peu à peu, plusieurs rhinocéros s’éloignent du point d’eau. Les derniers restent encore un moment, immobiles dans l’obscurité. Il est presque minuit lorsque nous quittons le point de vue pour regagner notre bungalow, des étoiles plein les yeux.

Cette première journée à Etosha s’achève avec l’impression d’avoir vécu quelque chose de rare. Entre Ombika et Halali, nous avons déjà croisé l’essentiel des mammifères de la savane, mais le point d’orgue de cette première journée reste sans conteste la rencontre avec les rhinocéros noirs. On a déjà hâte d’être à demain...

Halali Resort

Halali Resort est l’un des trois grands camps d’Etosha : idéalement situé, il permet de dormir en plein cœur du parc et de rayonner facilement vers les différents points d’observation. Le camp propose plusieurs types d’hébergements : camping, chalets en bois et chambres doubles. Nous avons opté pour ces dernières — simples mais confortables, avec salle de bain et petite terrasse privative. Elles restent toutefois vieillissantes et mériteraient une vraie rénovation.

L’accueil n’est pas des plus chaleureux et, côté restauration, le restaurant fait le job sans laisser un souvenir impérissable. Le reste des installations est complet : piscine, bar, boutique, supérette, station‑service (HS l'été 2025). Heureusement, le point d’eau rattrape tout : un véritable amphithéâtre naturel où la faune défile à toute heure, dans un silence religieux. 

Réservation ici : Halali Resort

Distance parcourue290 km dont 98 km sur piste

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