Réveil à 6h30 au Twyfelfontein Adventure Camp. La nuit a été mouvementée : vers 4 h du matin, la colonie de babouins installée dans les rochers au‑dessus de notre tente s’est mise à pousser des cris rauques. Un réveil de brousse premium, offert gracieusement par la faune locale !


Ce matin, nous partons à la rencontre des éléphants du désert, le tout premier safari du voyage ! Le rendez‑vous est fixé à 8 h, mais pas le temps de traîner — nous devons boucler nos bagages et libérer la tente avant de partir.
Une fois nos valises bouclées, nous rejoignons le restaurant pour prendre le petit‑déjeuner. À 7h50, nous faisons le check‑out. Depuis la réception, nous voyons les participants de la sortie grimper dans les jeeps pour s’assurer les meilleures places. Les véhicules, entièrement décapotés, disposent de trois rangées de trois sièges. Nous comprenons que nous allons être séparés : je m’installe au premier rang, au milieu, entre une Allemande et un Français, tandis que Seb trouve une place latérale au troisième rang. Au moins, il aura une vue parfaitement dégagée pour prendre de beaux clichés.
Nous commençons par rouler sur une piste qui traverse la savane, avant de nous engager dans le lit de la rivière Huab.

Notre guide nous explique que ces dernières années, le pays a traversé une sécheresse terrible. Heureusement, les pluies abondantes de cet hiver ont rempli les rivières éphémères et gorgé les sols d’eau.

Nous roulons dans le lit de l’Huab durant 1h30. Les sièges sont confortables, mais l’air est glacial : à peine 11 °C. Notre guide nous montre des bouses d’éléphants toutes fraîches et échange régulièrement des informations avec l’autre véhicule via son talkie‑walkie. Nous suivons ainsi une succession de bouses et d’empreintes jusqu’à apercevoir deux éléphants, installés tranquillement dans le lit de la rivière. Il s’agit de deux femelles — une mère et sa fille.
C'est incroyable de se dire que ces éléphants sont les seuls au monde à s’être adaptés aux conditions extrêmes du désert. Leur survie tient en grande partie à leur mémoire exceptionnelle, qui leur permet de se rappeler l’emplacement des points d’eau. Pourtant, ces géants majestueux sont aussi les premières victimes du dérèglement climatique : les sécheresses à répétition et le manque d’eau ont été fatals aux quatre éléphanteaux nés l’an dernier, aucun n’a survécu.



Tapi derrière la végétation, nous découvrons avec émotion un éléphanteau de 8 mois. C'est une petite femelle prénommée Olivia. Cette rencontre redonne espoir, d'autant que le guide nous explique que – grâce à l’hiver pluvieux – de nombreuses femelles sont en gestation.

Nous sommes impressionnés par la dextérité de leur trompe !


La petite femelle semble épuisée et pour cause : chaque nuit, les éléphants du désert parcourent près de 40 km pour aller boire ! Nous comprenons mieux pourquoi l'éléphanteau se couche dès qu'il le peut...


Nous assistons à une scène qui en dit long sur l’esprit de groupe et l'intelligence des éléphants : lorsque notre chauffeur démarre le moteur, l’une des éléphantes est en train de traverser devant la Jeep. L’éléphanteau, du haut de ses 8 mois, se met à nous charger pour protéger sa maman. Une véritable leçon d'amour et de courage !


Nous poursuivons notre chemin à la recherche des autres membres du groupe. 20 minutes plus tard, nous apercevons quatre éléphants adultes, également en train de brouter dans le lit de la rivière. Le guide nous explique qu’il y a deux jeunes éléphants qui, une fois adultes, devront quitter le groupe pour éviter la consanguinité et assurer la survie de l'espèce.



Après avoir observé l’ensemble du groupe, il est temps de faire demi-tour. Nous remontons le lit de la rivière dans l’autre sens quand soudain, nous apercevons une girafe. Le chauffeur coupe le moteur et nous restons un moment à observer le plus grand mammifère terrestre.


Encore eux ^^


À mi‑chemin, le chauffeur quitte le lit de la rivière et emprunte une petite piste qui s’arrête au pied d’une colline. Il nous annonce une pause rafraîchissements : la température a bien grimpé depuis ce matin et la chaleur commence à se faire sentir.
En descendant du véhicule, nous sommes immédiatement saisis par la vue. Impossible de résister : nous décidons de gravir la colline pour profiter du panorama à 360° sur la grande plaine dorée.



Le zoom nous permet d’apercevoir les deux femelles éléphants, minuscules dans l’immensité du paysage.


Vingt minutes plus tard, nous remontons en voiture. En chemin, nous croisons plusieurs outardes de Rüppell et restons un moment à observer l’une d’elles tenter d’attraper une sauterelle. La scène est franchement drôle… et elle finit tout de même par attraper l’insecte bondissant !

1/2h plus tard, nous voici de retour au lodge où nous arrivons avec 40 minutes de retard sur l'horaire prévu. Cela ne nous pose aucun problème — bien au contraire ! Nous avons adoré que la sortie ne soit pas chronométrée : prendre le temps d’observer chaque animal, sans se presser, c’est exactement ce que nous étions venus chercher.
Le guide nous invite à rejoindre le restaurant où des sandwichs club nous attendent. Rien à redire : l’organisation est impeccable et le rapport qualité/prix vraiment excellent. Quatre heures de sortie, une pause rafraîchissement et un déjeuner, le tout pour 58 € par personne. Nous recommandons sans hésiter cette activité proposée par le Twyfelfontein Adventure Camp.
À 13h30, il est temps de reprendre la route vers notre hébergement du soir : le Vingerklip Lodge. Le GPS annonce 2h20 de trajet.



Après 1h20 de route, nous faisons une pause à Khorixas, l'unique ville que nous croiserons aujourd'hui. Apparemment, toutes les stations-services d’Etosha sont H.S. alors pas question de rater cet arrêt ! Lorsque nous nous garons à la station-service, nous remarquons que nous sommes les seuls touristes. De nombreux locaux, adultes et enfants, errent sur le parking de la supérette située juste à côté.
Après avoir fait le plein, Seb décide d’aller acheter de l’eau et se gare sur le parking de la supérette. Pour ma part, je ne le sens pas vraiment... À peine sortis de la voiture, un groupe de mendiants nous entoure, et l’un d’eux m’attrape même le bras. Seb demande alors au gardien du parking de garder un œil sur notre véhicule, en précisant qu’il le paierait à notre retour. Nous filons à la supérette, achetons quelques bouteilles d’eau, puis revenons au parking où le gardien chasse des enfants qui s’approchent un peu trop près de la voiture.
Seb lui donne son pourboire, mais le gardien réclame finalement un soda à la place. Pendant que Seb s’explique avec lui — en lui rappelant que ce sera un pourboire ou rien — les mendiants et les enfants reviennent et nous encerclent à nouveau. Agacé, le gardien nous conseille de remonter rapidement dans la voiture et de verrouiller les portes avant que la situation ne dégénère.
C’est le seul moment du voyage où nous nous sommes sentis en insécurité, et uniquement parce que nous nous étions éloignés de l’itinéraire touristique
50 kilomètres après Khorixas, nous quittons la route C39 pour nous engager sur la piste D2743 sur une vingtaine de kilomètres. La piste menant au Vingerklip Lodge est jalonnée de hautes termitières blanches.

Le paysage change peu à peu : les collines disparaissent pour laisser place à de grands plateaux érodés, façon mesas. L’occasion parfaite pour faire voler le drone et capturer ces reliefs impressionnants.


En nous garant sur le parking du Vingerklip Lodge, nous découvrons de superbes cases africaines disséminées dans un jardin de cactées.

Les parties communes, spacieuses et décorées avec beaucoup de goût, offrent une ambiance chaleureuse qui donne envie de s’y poser un moment.

Il y a également deux piscines et de nombreux bassins surmontés de pontons. Parmi tous nos lodges namibiens, c’est sans conteste celui qui offre la végétation la plus généreuse. Mais le Vingerklip, c’est surtout ces plateaux érodés qui l'entourent — dont l’un, en forme de doigt — a donné son nom au lieu : Vingerklip soit "pince à doigt" en allemand.



Le réceptionniste nous accompagne ensuite jusqu'à cette petite case nichée entre les pierres et les aloès.

La chambre, lumineuse et parfaitement équipée, allie confort moderne et charme rustique grâce à son toit en chaume apparent.

Après une rapide douche, on s’installe sur la terrasse pour appeler nos proches. Le décor est tout simplement incroyable : avec ces plateaux érodés qui se découpent à l’horizon, on a presque l’impression d’être à Monument Valley.


Depuis la terrasse, nous avons une vue directe sur un point d’eau où les springboks viennent s’abreuver.

À 17h45, nous quittons notre case pour rejoindre le plateau érodé qui domine le lodge. Tout en haut se trouvent un restaurant, un point de vue et un petit gîte. Le sentier aménagé s’enfonce dans les broussailles, serpente doucement entre les rochers, puis débouche sur un immense escalier métallique. Nous l’escaladons marche après marche, jusqu’à atteindre le sommet du plateau.



Une fois en haut, nous nous dirigeons au restaurant Eagle's nest — en français "Le nid d'aigle" — pour commander des cocktails. À l’intérieur, le plafond est spectaculaire : une véritable structure en forme de nid qui enveloppe la salle. Nous aurions adoré y dîner mais tout est complet ce soir.


Nous nous installons au point de vue pour siroter nos cocktails tout en regardant le soleil disparaître derrière le plateau, baigné dans une lumière dorée.



Une fois le soleil couché, nous rejoignons le restaurant “du bas”, qui s’avérera être un excellent lot de consolation. À notre arrivée, la salle est vide et un buffet généreux nous attend, comme si tout avait été préparé juste pour nous !

La soirée se déroule dans une ambiance simple et agréable, bientôt rejointe par une famille allemande. Le chef, très sympathique, vient nous présenter ses plats, et même le patron passe nous saluer pour s’assurer que notre séjour se déroule au mieux. Une attention qui fait toujours plaisir en voyage.
Après le dîner, on se love dans les canapés autour du bar, bercés par une playlist très sympa des années 2000.
Retour à notre case à 22h15.

Vingerklip Lodge
Le Vingerklip Lodge a été une superbe parenthèse dans notre voyage. Perché au milieu des mesas, il offre une vue incroyable dès l’arrivée, avec des espaces communs magnifiquement décorés et deux piscines nichées au milieu des cactées. Les chambres sont tout confort, avec une grande salle de bain et une terrasse ouverte sur le paysage. Le site est parcouru de nombreux sentiers de randonnée, plus ou moins longs, qui permettent de faire le tour des mesas. Le soir, on peut monter jusqu’au Eagle’s Nest pour dîner ou simplement prendre un verre face au coucher de soleil. Le restaurant de l’hôtel n’est pas en reste et propose un buffet généreux — mention spéciale pour le plateau de fromages. Et pour couronner le tout, le tarif reste très raisonnable au regard des prestations.
Réservation ici : Vingerklip Lodge
Distance parcourue : 162 km dont 108 km sur piste



