Mardi 15 Août 2017
Borgarfjördur > Herdubreidarlindir

Réveil à 8h00. Surprise en ouvrant les rideaux : il fait encore grand soleil ! Ça en deviendrait presque indécent ^^

Une fois prêts, direction la salle commune pour y prendre notre petit-déjeuner. Mention spéciale pour la cuisine qui dispose d'un équipement au top !

Voici la guesthouse vue de l'extérieur. Dommage que le spa soit encore fermé à cette heure car nous nous serions bien vu en profiter...

Surtout avec une telle vue !

A 10h30, nous quittons ce bel établissement pour nous rendre de l'autre côté du fjord et plus précisément à Hafnarhólmi. Entre avril et juin, cet ilot herbeux abrite une colonie d’environ 10 000 macareux ! Une fois sur place, nous devons nous rendre à l'évidence : la colonie a déjà mis les voiles vers d'autres horizons... Il faut dire que nous sommes mi-août.

Nous retrouvons le sourire à la vue de ce petit groupe de macareux barbotant tranquillement dans la baie. Ces derniers suivent les bancs de poissons et lorsque leur bec en contient assez, ils reviennent à leur nid pour nourrir les jeunes.

En voilà un pour qui la pêche a été bonne !

J'immortalise celui-ci sortant tout juste de son terrier avant qu'il ne retourne en mer.

Après 1/2h passée à observer le ballet de ces petits perroquets de mer, nous revenons au village de Borgarfjördur où nous nous baladons au milieu des maisons colorées.

Avec son toit engazonné et ses murs en tourbe, cette charmante maison semble tout droit sortie d'un conte des frères Grimm !

11h15, il est temps de nous mettre en route. Aujourd'hui, un long trajet nous attend avec, pour objectif, de rallier l'une des zones les plus hostiles et isolées du centre de l'Islande.

1h plus tard, nous marquons un arrêt à Egilsstadir, la plus importante ville de l'est islandais. Nous profitons d'un supermarché pour refaire le plein de produits frais car nous ne trouverons aucun point de ravitaillement les 2 jours suivants.

Initialement, nous avions prévu de nous rendre jusqu’à la cascade de Hengifoss puis d'emprunter la piste 910 mais compte-tenu de l'heure avancée, nous préférons zapper cette étape et prendre la route 1.

Sur le trajet, nous croisons de nombreuses cascades dont celle-ci qui mérite amplement un arrêt photo ! Après recherche, il s'agit de la cascade de Rjukandi.

A mesure que nous avançons vers l'intérieur des terres, les paysages deviennent plus austères et la verdure cède place à un univers sombre et minéral. Pour un peu, nous avons l'impression d'être entrés au Mordor !

A 14h00, nous quittons l'asphalte pour nous engager sur la piste 901. 10min plus tard, nous voici arrivés au hameau de Mödrudalur. Considéré comme le plus isolé d'Islande, il se compose de quelques maisons traditionnelles en toit de tourbe, d'une église, d'un café...

Et d'une station-service, ô combien champêtre, où un véhicule de police/secours est en train de faire le plein.

Une fois de plus, nous improvisons un pique-nique à l'arrière du Duster.

A 14h45, les choses sérieuses commencent ! Nous nous engageons sur la F910 direction Askja.

Durant 81km, nos seuls compagnons de voyage seront les cailloux, le sable et la lave.

Au milieu de ces paysages silencieux et inquiétants, surgit une impression déroutante de solitude... Le décor est tellement lunaire que la NASA y a envoyé des astronautes en 1967 dans le cadre des missions Apollo !

Si le sol n'était pas aussi sombre, nous pourrions nous croire en Égypte devant les pyramides de Gizeh !

La piste est jalonnée de plusieurs rivières issues de la fonte du Vatnajökull. Nous les franchissons sans encombres mais celle-ci s'avère plus  délicate car la profondeur est trompeuse et le fond est rempli de grosses pierres. Nous avançons prudemment et finissons par hisser le Duster sur la berge opposée.

En revanche, ce van de touristes espagnols n'a pas eu notre chance et a noyé son moteur... Un couple de belges les a remorqués avec leur 4x4 et essaie maintenant de redémarrer le moteur à l'aide de pinces crocodiles. Ils finissent par dégager la voie et nous reprenons notre route vers Askja.

Une éclaircie nous permet d’admirer la célèbre montagne Heirdubreid. Culminant à 1682m, ce volcan endormit depuis plus de 10 000 ans domine le désert de Ódádahraun (signifiant littéralement "désert de lave des criminels"). Cette zone fut ainsi nommée car les criminels rejetés par la société y avaient élu domicile.

La piste devient de plus en plus sinueuse et accidentée. Par endroit apparaissent de grosses plaques de lave que nous devons franchir.

Plus nous nous enfonçons dans les Hautes Terres, plus les cours d'eau s'élargissent. Là, nous ne passerons pas à gué !

La traversée se fait au sec sur un bon vieux pont en bois ^^

Les sommets enneigés du Kverkfjöll (1920m) apparaissent tel un mirage au beau milieu de ce désert volcanique. Ce volcan actif est réputé pour abriter une magnifique grotte de glace, creusée par une rivière d'eau tiède.

Un second pont nous permet de franchir en toute sécurité les flots impétueux de la rivière Jökulsá á Fjöllum. A noter qu'à chaque traversée, il nous faut ouvrir une barrière de part et d'autre du pont.

En quelques kilomètres, le décor change complètement. Nous passons d'un univers sombre à une zone bien plus claire, recouverte de pierres ponces. Ces roches volcaniques poreuses ont la particularité d'être tellement légères qu'elles flottent à la surface de l'eau !

Il est 17h30 lorsque nous arrivons au refuge Dreki. Nous avons parcouru les 81km de la piste F910 en 2h45. Ce refuge matérialise la porte d'entrée du complexe volcanique d'Askja.

Juste derrière le refuge se trouvent les gorges de Drekagil (littéralement "gorges du dragon") où il est possible de s’aventurer pour découvrir une cascade.

Pour rejoindre l'intérieur de la caldeira d'Askja, nous devons emprunter la piste F894 sur une dizaine de kilomètres. Le décor est carrément dingue, nous roulons sur une coulée de lave émise lors de la dernière éruption du volcan en 1961 !

30min plus tard, nous voici arrivés au terminus de la piste situé à 1050m d'altitude. Il n'y a que 2 véhicules sur le parking, ce qui renforce encore plus notre sentiment d'isolement. Autour de nous, l'environnement est dantesque !

En cette fin d'après-midi, nous avons prévu de nous rendre au cœur de la caldeira d'Askja. Nous nous habillons chaudement car le thermomètre indique seulement 6°C et le vent est de la partie.

A 18h00, nous sommes fin prêts pour une marche de 5km en terrain hostile !

J'escalade l'un des cratères formés lors de l'éruption de 1961 pour y découvrir des couleurs insoupçonnées !

Le chemin à suivre est matérialisé par des piquets plantés à distance régulière. Je peux imaginer combien il est facile de se perdre dans un tel endroit en cas de brouillard ! De son côté, Nella s'amuse à capturer les nuances de couleurs qu'offre Askja.

Au bout 30min de marche, le chemin s'élève comme pour conserver le suspens... Une fois arrivés en haut, quel choc devant cet incroyable panorama ! Avec son lac bleu laiteux, le cratère Viti (au 1er plan) contraste totalement avec l'immense lac Öskjuvatn (au 2nd plan). Nous restons bouche bée devant un tel spectacle !

L'eau sulfureuse du cratère Viti est à une température d'environ 25°C, ce qui permet de s'y baigner si l'on fait abstraction de l'odeur de soufre ! C'est à ce jour le spot de baignade le plus incroyable que nous ayons vu !

Prévoyant, j'ai emmené mon maillot de bain pour y piquer une tête mais des personnes remontant du lac m'indiquent que l'eau est à peine tiède... Je reste donc sagement sur les bords du cratère.

Où est Nella ?

En zoomant certains détails, on pourrait se croire sur une autre planète !

Nous poursuivons l'exploration au-delà du Viti. Sur un des flancs de la caldeira, on remarque une coulée de lave qui a fini sa course dans le lac.

Les nombreuses fumerolles témoignent que le volcan est toujours en activité. D'ailleurs, le 21 juillet 2014, un séisme a provoqué un énorme éboulement et 50 millions de mètres cubes de roches sont tombés dans le lac, engendrant une gigantesque vague d'une hauteur estimée à 50m ! Celle-ci est passée au-dessus du cratère Viti et a terminé sa course à plus de 10km au nord ! Par miracle, cet évènement s'est produit en pleine nuit et aucun visiteur ne se trouvait sur place.

Le lac Öskjuvatn s'est formé en 1873 lors de l’effondrement d'une partie de la caldeira. Par la suite, celle-ci s'est remplie d'eau jusqu’à atteindre aujourd'hui une superficie de 11km² et 220m de profondeur ! Ce qui en fait le lac le plus profond du pays.

En revenant vers le Viti, nous traversons un névé où la fonte a créée d'étranges motifs.

A 19h00, il est temps de revenir vers le parking. L'endroit est désert, seul le bruit de nos pas résonnant sur le sol volcanique vient troubler le silence...

Nous arrivons au parking à 19h45 et prenons aussitôt la route pour rejoindre notre hébergement. Initialement, nous voulions réserver au refuge Dreki mais celui-ci était complet depuis plusieurs mois. Nous avons donc trouvé un plan B à Herdubreidralindir (espérons que nous n'aurons pas à demander notre chemin ^^), situé à une quarantaine de kilomètres au nord d'Askja.

Après 45min de piste chaotique, nous bifurquons sur la F88.

Nous contournons l'imposante silhouette du volcan Herdubreid.

A 21h00, nous arrivons enfin à l'oasis de Herdubreidarlindir située au beau milieu du désert de lave.

Nous nous présentons d'abord à la maison du ranger qui nous accompagne en vélo jusqu'au refuge Thorsteinsskáli. Un peu inquiets à l'idée de nous retrouver dans un dortoir bondé de monde, nous demandons combien de personnes ont réservé. Il nous répond que nous serons seuls cette nuit. Quelle chance d'avoir cet adorable refuge pour nous tous seuls !

A l'intérieur, un couple est attablé en train de dîner. Le ranger les autorise à rester le temps du repas étant donné la faible fréquentation mais ensuite, ils devrons passer la nuit sur le terrain de camping situé juste à côté. D'ailleurs, nous avons pour mission de refouler toute personne qui voudrait s'installer ici sans réservation. Au vu de l'isolement du lieu, il ne devrait pas y avoir foule !

Le ranger nous explique également le fonctionnement de la vieille cuisinière au kérosène. Celle-ci fait également office de chauffage pour l'ensemble du refuge. Mais, économie oblige, nous devons l'éteindre pour la nuit.

Après le départ du ranger, nous préparons notre repas et restons 1h à discuter avec nos compagnons de refuge. Ils sont anglais, dans nos âges, et parcourent l'Islande à bord d'un fourgon 4x4 aménagé. D'après eux, la route pour continuer vers le nord est impraticable car la piste implique de traverser une rivière trop profonde pour leur véhicule. Nous étudions la carte et arrivons à la conclusion que s'ils ne peuvent pas traverser, ils devront faire un détour d'au moins 4h ! Avec notre Duster, les traversées de rivières ont jusqu'ici été une formalité donc, pour nous, pas d'inquiétude ! Puis ils retournent au camping pour la nuit.

Nous nous retrouvons donc tous les deux dans ce petit refuge perdu au beau milieu de l'Islande ! Ce soir, nous avons droit à un joli coucher de soleil.

Nous nous installons dans le dortoir situé à l'étage pour passer la nuit. Assez spartiate, il se compose d'une vingtaine de matelas alignés, posés à même le sol. Nous ressortons nos gros sacs de couchage car, à l'étage, il fait frisquet ! Extinction des feux à 23h00.

Distance parcourue : 327km

Distance parcourue sur piste : 180km

Sunrise : 04h41

Sunset : 21h27

Thorsteinsskáli hut

Situé sur la F88 à 1h de route d'Askja, ce refuge méconnu est une bonne alternative face au refuge Dreki souvent complet. L'intérieur est composé d'une salle commune, d'une cuisine équipée récemment rénovée et d'un dortoir à l'étage. Concernant ce dernier, pas de fioritures : une vingtaine de matelas sont alignés dans la grande pièce à même le sol. Seul point noir, le bloc sanitaire (douche, WC) est situé à une centaine de mètres du refuge...

En revanche, l'environnement bucolique est réellement enchanteur avec, en toile de fond, le volcan Herdubreid. Parfait si vous aimez les endroits hors du temps et la tranquillité !

Réservation ici : Thorsteinsskáli hut