Réveil à 7h00 au Lagoon View Self Catering, à Walvis Bay. Pour une fois, nous prenons le temps d’émerger tranquillement : le Pelican Point Kayaking où nous avons rendez-vous à 8h00, est situé à deux minutes à peine de notre hébergement.
L’heure venue, nous nous garons sur le parking du Yatching Club où un namibien vêtu d’un gilet jaune propose de garder notre voiture. Nous lui répondons gentiment que ce n’est pas la peine, nous n’en avons que pour 5 minutes car nous repartons ensuite.
Arrivés au Pelican Point Kayaking, nous nous greffons au groupe d’une trentaine de personnes qui patiente devant. Nous avons réservé une excursion en kayak sur la péninsule de Pelican Point. Deux options s’offrent à nous : monter dans l’un des 4x4 bondés du tour-opérateur ou rejoindre la pointe par nos propres moyens en suivant les guides. La moitié du trajet se fait dans le sable (15 km) mais, après Sossusvlei, cela ne nous effraie pas. Nous choisissons de prendre notre véhicule afin de pouvoir nous arrêter à notre guise au retour. Une famille de néerlandais opte pour la même solution que nous.
Alors que nous regagnons le parking, le "gardien" en gilet jaune s'approche pour réclamer un pourboire. Nous refusons, expliquant que nous ne sommes restés que 5 minutes. Il s'éloigne en râlant mais nous restons fermes sur notre décision. A Walvis Bay, les parkings sont un véritable business dont il faut se méfier. Des gardiens non officiels bloquent les places avec de gros morceaux de bois pour les "réserver" alors que les parkings sont, la plupart du temps, vides. Ainsi, lorsqu'on arrive dans un parking, le gardien enlève le morceau de bois et exige un pourboire pour le service rendu. On comprend que les gens aient besoin de gagner de l’argent, mais là, c’est clairement abusé !
Nous quittons Walvis Bay à 8h30, en direction des marais salants. Cet écosystème attire de nombreux oiseaux venus se nourrir de crevettes et de petits poissons. D'ailleurs, la couleur rose de ces pélicans ne vient pas d’un excès de crevettes, mais d’une microalgue riche en bêta‑carotène présente en abondance ici.

Lorsque nous quittons les marais salants, changement de décor ! La route s’interrompt brusquement et nous débouchons sur la longue péninsule sableuse de Pelican Point. Avant de poursuivre, nous faisons une courte pause pour dégonfler nos pneus — geste indispensable pour affronter le sable meuble. Un épais brouillard enveloppe la péninsule, avalant l’horizon et donnant au paysage une allure presque irréelle.

Au bout d'une vingtaine de minutes, de petites taches sombres commencent à se dessiner au loin sur la plage. Puis une forte odeur de poisson pourri commence à envahir nos narines. En avançant, les silhouettes se précisent et la plage s’anime : des centaines d’otaries à fourrure du Cap se prélassent et se chamaillent sur le sable. La péninsule de Pelican Point abrite l’une des plus grandes colonies du pays, estimée jusqu'à 100 000 individus répartis le long de la côte.



Trois jeunes otaries, curieuses, s'approchent de la voiture. Elles sont vraiment craquantes avec leurs grands yeux ronds et leur démarche maladroite.


Un spectacle impressionnant, bruyant, … et odorant !
Il est 9h45 lorsque nous arrivons à destination. Les 4x4 des tours opérateurs se rangent en ligne au bord du lagon et les guides commencent à décharger les kayaks. Dehors, il fait à peine 11 °C : il va falloir se motiver pour poser les pieds nus sur le sable glacé ! Scène improbable au bout de cette péninsule perdue : je tombe nez-à-nez avec Véronique, la française rencontrée la veille à Solitaire. Le monde est décidément petit !

Au loin, dans la brume, nous apercevons à peine le phare de Pelican Point avec ses bandes horizontales noires et blanches. Haut de 34m, il est toujours en fonction guidant les navires à travers les eaux de l'Atlantique près de la Skeleton Coast. Le bâtiment adjacent a été transformé en un hôtel insolite, avec une immense suite au sommet du phare offrant une vue à 360°. Déconnexion assurée !

Les organisateurs nous remettent des vestes et pantalons imperméables, ainsi que des gilets de sauvetage. Côté style, on repassera !


S’ensuit un briefing plutôt alarmiste à propos des otaries. On nous explique qu’il s’agit de jeunes individus qui ont besoin d’être constamment au centre de l’attention. Si on les ignore, elles n’hésitent pas à grimper sur les kayaks et à mordiller les pagaies ou les vêtements. Rien de grave à priori sauf que l’une d’entre elles, retrouvée morte trois semaines plus tôt dans une autre colonie, s’est révélée porteuse de la rage. Une enquête est en cours pour en déterminer l’origine, mais en attendant, les organisateurs préfèrent éviter tout contact physique entre les kayakistes et ces adorables mascottes locales.
Il est temps de mettre les kayaks à l’eau ! Sous la surface, de belles méduses orange dérivent doucement. Heureusement, pagayer nous réchauffe vite ! Les premiers phoques commencent à s’approcher et à jouer avec nos pagaies. Ils surgissent à côté du kayak, disparaissent, reviennent, nous frôlent...



On suit les conseils du guide et on reste toujours en mouvement. D’une part, ça les amuse, et d’autre part, ça évite qu’elles tentent de grimper à bord. Les otaries nagent dans notre sillage, s’enroulent autour de la pagaie, et dès qu’on prend un peu de vitesse, elles filent à l’avant du kayak pour enchaîner les sauts. Certaines font la planche, d’autres des saltos : un vrai numéro d’acrobates !

Ces jeunes otaries ont entre 7 et 8 mois, ce qui explique leur énergie débordante et leur curiosité sans limite. Quelques‑unes parviennent à se hisser à l’arrière des kayaks, mais les gens les repoussent gentiment avec leurs pagaies. Elles ne sont pas agressives, juste incroyablement joueuses.

Nous pagayons pendant 1h15 dans le lagon, à l’abri de la houle et du vent. Les otaries semblent infatigables.
Lorsque nous regagnons la plage, les bras commencent à tirer un peu mais nous sommes ravis. C’était une expérience incroyable d’évoluer au ras de l’eau avec les otaries. Le silence du kayak permet de les approcher tout en douceur, contrairement aux excursions en bateau à moteur proposées au départ de Walvis Bay. On a préféré cette approche plus calme, plus écologique et clairement plus respectueuse des animaux. Le groupe est assez nombreux, mais on se disperse vite sur le lagon — et de toute façon, les otaries sont partout, impossible de se sentir seuls ! L’ambiance est détendue et les accompagnateurs sont sympathiques. D'ailleurs, ils nous ont préparé un brunch sur la plage avec boissons chaudes, sandwiches club et muffins maison.
A la fin du repas, nous nous éclipsons pour enfiler des vêtements secs — l’un des avantages d’avoir pris notre propre véhicule. Les participants venus avec le tour‑opérateur devront eux, patienter encore 1h15 dans leurs tenues trempées…
On repart à 11h45. Nous empruntons une piste différente pour le retour afin d'éviter de croiser les autres tours opérateurs en sens inverse. Soyons honnêtes : jamais nous n’aurions atteint le bout de la péninsule seuls. Par endroits, le sable est si épais que, sans les 4x4 des organisateurs pour nous ouvrir la voie, on se serait ensablés en un rien de temps...
Nous croisons 2 chacals dorés en train de rôder autour des otaries, sans doute à l'affût d'une charogne. Leur silhouette rappelle grandement celle d’un coyote. Ils se fondent parfaitement dans ce décor sauvage.


De retour sur la route goudronnée, notre guide s’arrête une dernière fois. Il nous rejoint pour nous dire que nous pouvons désormais poursuivre seuls. On le salue puis on reprend la route, en quête de nouveaux oiseaux à observer.
Les environs de Walvis Bay constituent la plus importante zone humide littorale d’Afrique australe pour les oiseaux migrateurs, attirant chaque année près de 150 000 volatiles. Alors que nous longeons la lagune, nous apercevons au loin un groupe de flamants roses. Nous patientons un long moment, espérant qu’ils se rapprochent, mais ils resteront à bonne distance. Même au 600 mm, je ne parviens pas à obtenir mieux que ce cliché.

On observe également des aigrettes, des cormorans et quelques avocettes élégantes. On sent que le soleil n'est pas loin, mais la brume peine à se dissiper et le thermomètre n’affiche qu’un timide 14 °C.



Nous arrivons ensuite dans la zone des marais salants, qui fournissent à eux seuls plus de 90 % du sel consommé en Afrique du Sud. Nous nous approchons à pied d'une sorte de rivière saumâtre, à l'improbable couleur rose. Le soleil faisant son retour, je lance le drone pour capturer ces étonnantes formations salines.


La brume qui se dissipe peu à peu nous permet de prendre de la hauteur et d’admirer les couleurs des marais salants. Leur teinte rose provient d’une microalgue qui prolifère dans ces eaux très salées.


De retour à Walvis Bay à 13h00, la faim commence à se faire sentir. Nous décidons de nous rendre à The Raft, le restaurant sur pilotis situé juste en face de notre logement. Des amis y avaient mangé de délicieux sushis il y a quelques années — de quoi nous convaincre de tester l’adresse à notre tour.

Lorsque nous entrons, le restaurant est quasiment vide : seules 2 tables sont occupées sur une cinquantaine. On nous installe près d’une fenêtre, juste au-dessus de l’eau, avec une vue imprenable sur la lagune.

Nous commandons deux bières Corona et trois assiettes de sushis. À l’exception du saumon, tous les poissons proviennent de Walvis Bay. C’est la première fois que je goûte des California rolls tempura avec des crevettes aussi bonnes : la chair est ferme et savoureuse. Bref, une super adresse pour les amateurs de sushis que nous sommes !

Une fois le déjeuner achevé, nous décidons de retourner à la marina faire quelques achats souvenirs.
A 15h00, nous prenons la route direction Swakopmund située à 35 km de là. Contrairement à Walvis Bay, cette ville est une véritable station balnéaire réputée pour la beauté de son architecture.
Sur la route, nous longeons de grandes dunes très proches de l’océan. Leur teinte, moins orangée que celles de Sossusvlei, offre néanmoins un bel aperçu de la Côte des Squelettes. Nous regrettons de ne pas être allés à Sandwich Harbour mais il était hors de question pour nous de nous y rendre via des tours opérateurs. Tous les retours que nous avons eu sont les mêmes : les organisateurs emmènent les touristes dans de gros 4x4 semblables à ceux de la sortie kayak, et passent plus d’une heure à dévaler puis remonter les dunes pour offrir des sensations fortes. Seb ayant le mal des transports, inutile d’essayer… Dommage que l’excursion ne soit pas proposée de manière plus tranquille, ou mieux encore, en quad, ce qui serait nettement plus agréable.
Puis nous passons à proximité de la ville de Langstrand, qui semble tout juste sortie de terre. Tout est neuf : des lotissements impeccables, des rues fraîchement tracées et des panneaux annonçant des programmes immobiliers haut de gamme à chaque coin de rue.
Nous arrivons à Swakopmund à 16h00, une jolie cité balnéaire qui contraste totalement avec Walvis Bay. Ici, tout est goudronné, les trottoirs sont pavés et les massifs fleuris. Côté architecture, les maisons très colorées affichent un style bavarois, parfois même néerlandais. C’est assez déroutant : l’empreinte allemande saute aux yeux, tandis que le style africain, lui, se fait discret. La ville est calme, propre, et l’on croise de nombreux touristes qui flânent dans les rues.
Quelques minutes plus tard, nous nous garons devant l’hôtel A la Mer, idéalement situé sur le front de mer, juste en face de la jetée.

Nous sommes chaleureusement accueillis par la gérante de l’hôtel, une allemande qui parle quelques mots de français grâce à sa belle‑fille. Nous discutons un moment avec elle, puis nous profitons du service de pressing pour nettoyer nos vêtements mouillés et pleins de sable après la sortie de ce matin. Tout sera prêt pour le lendemain à 11h00. Info pratique : évitez les services de laverie des grands établissements luxueux, les tarifs y sont exorbitants. Ils facturent au vêtement, alors qu’ici on paie au poids (100 dollars namibiens le kilo). À l’hôtel A la Mer, nous réglons l’équivalent de 15 € pour 3 kg de linge… contre 70 € au Desert Homestead Lodge de Sossusvlei !
La chambre est agréable mais assez sombre et mal insonorisée : on entend les discussions résonner dans la coursive. En revanche, la salle de bain avec chauffage au sol est un vrai bonheur — on revit.



Fatigués, on s’accorde une petite sieste d’une heure.
Pour ce soir, nous avons réservé au restaurant The Tug, réputé comme la meilleure table de Swakopmund. L’endroit est complet tous les soirs, au point que la veille, le restaurant nous a rappelés d’être ponctuels : au‑delà d’un quart d’heure de retard, notre table sera réattribuée.
Nous nous présentons donc au restaurant The Tug à 18h00 précises. Comme demandé lors de la réservation, nous sommes installés à une table orientée vers l’océan. Le restaurant affiche un vrai sens du détail : ici, chaque élément est siglé The Tug.


Côté menu, je poursuis ma cure de poissons et fruits de mer entamée ce midi, tandis que Seb trouve également son bonheur avec un T‑bone parfaitement cuit, le tout arrosé d'un bon pineau gris d'Afrique du Sud. Les plats sont joliment présentés, savoureux, préparés avec des produits locaux d’une grande fraîcheur — un niveau digne d’un bon restaurant français.


Alors que nous étions censés libérer la table à 19h45, nous profitons finalement des lieux jusqu’à 20h30.
Nous regagnons l’hôtel À la mer peu avant 21h00.

Hôtel Pension A la mer
Situé à quelques mètres de la jetée, l’hôtel A la Mer bénéficie d’un emplacement idéal face au front de mer de Swakopmund. L’accueil est chaleureux, porté par une gérante allemande parlant un peu français. Les 46 chambres, simples mais confortables, disposent toutes d’une salle de bain privative, parfois d’un balcon ou d’une terrasse. Le chauffage au sol dans la salle de bain est un vrai plus, même si l’insonorisation reste perfectible. Le petit-déjeuner est copieux, et l’établissement offre un parking sécurisé ainsi qu’une laverie facturée au poids (100 NAD/kg), bien plus avantageuse que dans les lodges haut de gamme. En bonus : un rooftop aménagé offrant une vue à 360° sur les environs.
Réservation ici : Hôtel Pension A la Mer
Distance parcourue : 105 km dont 30 km sur piste



