top of page
Namibian flag round.png
28 juillet 2025
Swakopmund > Spitzkoppe

Réveil à 7h00 à l’hôtel A la mer de Swakopmund.

Nous nous rendons dans la salle du petit-déjeuner. A notre arrivée, le buffet est déjà bien entamé mais on réussit tout de même à se composer des assiettes correctes.

A 9h00, nous quittons l’hôtel pour partir à la découverte de Swakopmund. Située au nord de Walvis Bay, cette petite ville côtière fondée en 1892 par les colons allemands, est coincée entre l'océan Atlantique et le désert du Namib. Swakopmund se distingue par son architecture d'inspiration allemande, ses façades pastel, et une communauté germanophone encore très présente, qui lui confèrent une atmosphère unique en Namibie. Côté météo, le ciel est uniformément gris et la température relativement fraîche avec un petit 14°C.

Nous commençons par nous rendre à la jetée historique, située au pied du restaurant The Tug où nous avons dîné la veille.

Le ponton est divisé en deux sections bien distinctes. La première est en vieilles planches glissantes et la seconde, bien plus moderne,  accueille le Jetty 1905, un petit restaurant à la décoration marine, posé au-dessus de l’océan.

Nous faisons demi-tour au bout de la jetée. Nous regagnons le front de mer, particulièrement agréable avec son pavage soigné et ses bancs tournés vers l'océan.

Nous marchons jusqu’au National Marine Aquarium avant de revenir sur nos pas. Les maisons colorées qui bordent la rue apportent une touche de gaieté.

En chemin, nous passons devant la Jetty Self Catering Accommodation, une charmante maison bleue située à l’angle de la rue Anton Lubowski.

Nous remontons la rue et découvrons une série de bâtiments à l’architecture pour le moins surprenante, à commencer par l’hôtel Prinzessin Rupprecht. Cet ancien hôpital militaire, construit en 1902, mêle architecture coloniale allemande et héritage culturel.

À côté de l’hôpital se trouve Alte Kaserne, l’ancienne caserne allemande aujourd’hui reconvertie en auberge de jeunesse. Son histoire est intéressante mais l’architecture est discutable...

À l’angle de la rue se dresse la Maison Hohenzollern, un hôtel baroque érigé en 1906. Sa silhouette est reconnaissable grâce à la statue qui le surmonte : un Atlas figé dans l’effort, portant le monde sur ses épaules.

P1011823.JPG

En face, quelques boutiques aux couleurs vives tranchent joliment avec les maisons de maîtres.

P1011824.JPG

Quelques mètres plus loin, une chaumière alsacienne blanche à colombages fait l'angle d'une rue. Une vision presque surréaliste sous le ciel namibien. Ici, restaurants et pâtisseries rivalisent de spécialités allemandes : strudels, schnitzels, apfelkuchen… On réalise à quel point l’héritage germanique reste profondément ancré dans le quotidien de Swakopmund.

Nous faisons ensuite un arrêt au centre commercial pour une mission d’importance : trouver des chaussettes montantes. Nos petites socquettes ne sont clairement pas taillées pour affronter la fraîcheur matinale de la côte. Il est temps d'investir dans du chaud !

Quelques dizaines de mètres après le centre commercial, nous découvrons la Damara Tower, l’un des emblèmes de Swakopmund. À l’origine, il s’agissait du château d’eau municipal, avant d’être transformé en poste d’observation pour surveiller l’arrivée des navires le long de la côte.

Juste devant se trouve la Woermannhaus, construite en 1905 pour accueillir le siège de la Damara & Namaqua Trading Company. Avec sa façade élégante et son architecture coloniale typique, l’édifice fut classé monument national puis restauré en 1976. Aujourd’hui encore, il reste l’un des bâtiments les plus emblématiques — et les plus photogéniques — de Swakopmund.

Nous passons ensuite devant une école élémentaire et jetons un œil par‑dessus le mur. Une centaine d’enfants, tous vêtus de polos bleus courent et jouent au ballon en soulevant des nuages de sable. Leur uniforme, très “British”, donne presque l’impression d’assister à une récréation dans une école anglaise… transposée au milieu du désert namibien.

À 11h00 précises, nous regagnons l'hôtel A la Mer pour récupérer notre linge. La réceptionniste nous conseille de monter sur le rooftop pour profiter de la vue panoramique. Elle a bien fait d’insister — il aurait été dommage de passer à côté de ce panorama qui embrasse à la fois la ville et l’océan Atlantique.

Nous rejoignons ensuite le parking pour récupérer la voiture et poursuivre notre visite de Swakopmund. En longeant le front de mer, la ville dévoile une autre facette : celle d’une station balnéaire prospère, où se succèdent villas modernes, façades immaculées et jardins parfaitement taillés. Sur la route, plusieurs voitures de luxe — souvent allemandes — circulent tranquillement.

Cette promenade met en évidence un contraste saisissant : Swakopmund respire l’aisance, une atmosphère presque « riviera», mais aussi une réalité sociale très marquée. La population y est majoritairement blanche, héritage direct de l’époque coloniale, et cela se ressent dans l’urbanisme, les commerces et l’ambiance générale. Swakopmund est une ville à la fois charmante, singulière et un peu déroutante.

On croise ensuite un panneau improbable : un triangle rouge avec… une pintade dessus. Il faut croire qu'en Namibie, aucune espèce n'est oubliée. Allez, une petite photo pour l'ajouter à notre collection !

Nous nous dirigeons vers le phare de Swakopmund où nous nous garons sur un parking bordé de palmiers. Juste devant se trouve la Kaiserliches Bezirksgericht, érigée en 1902 qui a servi de tribunal d'instance avant de devenir la résidence officielle du président de la République.

L'Altes Amtsgericht, à la jolie couleur jaune pastel, est clairement d'inspiration hollandaise.

Situé dans le quartier historique, l'Antonius Residenz est l'un des bâtiments les plus photographiés de Swakopmund. Construit en 1907, il s’agissait du St. Antonius Hospital, un hôpital franciscain qui a fonctionné jusqu’en 1987. Aujourd’hui, le bâtiment a été réhabilité en résidence.

Après cette parenthèse bavaroise au bord de l’Atlantique, nous quittons Swakopmund pour prendre la route C28 vers l’intérieur des terres. Très vite, les maisons colorées disparaissent dans le rétroviseur et la ville s’efface pour laisser place au désert. Aussitôt, le soleil refait son apparition.

 

Au bout de quelques kilomètres, nous quittons la route pour emprunter la piste D1991 menant à l'un des sites les plus étonnants de la région : Moon Landscape. Nous découvrons un paysage totalement désertique sculpté par des millions d’années d’érosion, où vallées, collines et crêtes minérales composent un paysage presque lunaire.

Le thermomètre affichant désormais 30°C, nous sommes ravis de troquer nos polaires contre des tenues plus estivales !

Ce paysage nous fait grandement penser à Zabriskie Point dans la Vallée de la Mort : mêmes couleurs minérales et même impression de sécheresse extrême. Depuis ce point de vue, on devine de petits sentiers qui s'avancent au milieu de ce dédale de collines. Nous décidons de les suivre. 

La balade, qui enchaîne montées et descentes sur les crêtes, donne l’impression d’être sur des montagnes russes en plein désert !

Le sentier termine sur ce promontoire offrant une vue à 360° sur l’immensité désertique de Moon Landscape.

Après une trentaine de minutes d’exploration, nous regagnons la voiture. Nous pourrions facilement passer l’après‑midi à randonner dans ce décor insolite, mais nous avons hâte de rejoindre notre second point de chute.

Après cette parenthèse sur la lune, nous reprenons la piste D1991. Cette portion de piste qui traverse Moon Landscape est sans conteste l'une des plus belles du voyage ! A mi-parcours, l'oasis de Goanikontes et son lodge offrent une pause luxuriante inattendue.

Après 21km de piste, nous retrouvons la route B2. Le contraste est immédiat : la circulation est dense et les véhicules se succèdent sans interruption. Nous passons à proximité d’une mine d’uranium, l’une des principales richesses du pays. À l’entrée, flottent côte à côte le drapeau namibien et le drapeau chinois. Nous nous retrouvons derrière plusieurs convois lourdement chargés, tous en direction de Walvis Bay, probablement pour l’exportation du minerais vers la Chine. Avec la limitation à 120 km/h et le trafic important, doubler devient compliqué, voire impossible.

Après une heure de route, nous bifurquons sur la piste D1918 menant à l’un des sites les plus attendus du voyage : le Spitzkoppe.

Peu à peu, la silhouette de ce massif isolé, posé au milieu du désert, apparaît comme un mirage au-dessus des plaines du Damaraland.

Quelques minutes plus tard, changement d'ambiance radical. Nous longeons un vaste bidonville où des baraquements faits de tôle et de tissu s’étendent le long de la piste. Au bord de la route, des femmes et des enfants vendent des pierres et des morceaux de bois sec. Nous faisons face à une pauvreté que nous n'avions pas vue dans le sud...

Ce massif granitique, âgé de plusieurs centaines de millions d’années, est l’un des paysages les plus emblématiques de Namibie. Culminant à 1 784 mètres, le Spitzkoppe signifie « chapeau pointu » en afrikaans. Le site est réputé pour ses arches naturelles, ses peintures rupestres et son lodge installé au pied des rochers. Avec Sossusvlei, c’était l’un des lieux que nous attendions avec le plus d’impatience.

Nous traversons un nouveau bidonville aux portes du Spitzkoppe avant d'emprunter la piste permettant de rejoindre le poste de garde. Comme partout, le fonctionnement est rodé : nous présentons notre voucher et le gardien annonce notre arrivée à la réception via son talkie-walkie. Une manière de contrôler les allées et venues de chaque visiteur dans la réserve.

P1011912.JPG

Nous progressons sur une piste sablonneuse qui serpente au milieu de la brousse, entourée de ces immenses montagnes ocres.

À notre arrivée au Spitzkoppen Lodge, nous sommes chaleureusement accueillis par Abraham qui nous offre des rafraîchissements. Il nous fait découvrir les parties communes et nous remet un plan indiquant les différentes randonnées pédestres possibles dans la réserve. Pour rejoindre notre bungalow, il nous invite à monter dans une voiturette électrique, s'installe au volant et s'engage sur un ponton métallique slalomant entre d'énormes blocs de granit. On se souviendra longtemps de cette arrivée pour le moins originale ! 

Le Spitzkoppen Lodge compte 15 bungalows spacieux, décorés avec goût, chacun doté d’une salle de bain privée et d’une terrasse couverte offrant une vue imprenable sur le plus haut pic du massif.

Aucun vis‑à‑vis, seulement la savane qui s’étend à perte de vue et, au loin, les montagnes qui se découpent sur le ciel bleu.

À peine les valises posées, nous partons pour la randonnée de 5 km recommandée par le lodge. À la sortie, nous faisons connaissance avec nos voisins, d’espiègles damans des rochers.

Le sentier commence par contourner les bungalows, baignés dans une lumière magnifique à cette heure de la journée. L'élégante silhouette du Gross Spitzkoppe domine les environs de plus de 700m.

Quand la nature s'obstine...

Le chemin débouche ensuite sur la savane et serpente entre les différentes formations rocheuses. Avant de nous engager, nous nous sommes assurés que l’endroit était sûr. Abraham nous a expliqué que la réserve n’abrite que des herbivores et qu’il suffit simplement de regarder où l’on met les pieds. Malgré tout, marcher à découvert dans la brousse reste très intimidant… On a l’impression qu’un animal peut surgir des hautes herbes à tout moment.

Nous marchons dans le bush pendant une bonne demi‑heure, sous une chaleur agréable et dans un silence absolu.

Nous approchons enfin des premières formations géologiques. Le granit offrant une excellente adhérence, on peut grimper sur les rochers et partir en exploration. D’ailleurs, des peintures rupestres ont été découvertes tout près d’ici, à Bushman’s Paradise, ainsi qu’un fossile de serpent. Ces curiosités ne sont accessibles qu’accompagné d’un guide.

Les dômes de granit des Pontok Mountains.

Nous nous sentons vraiment dans notre élément. Au‑delà des animaux, ce sont également ces merveilles géologiques qui nous ont donné envie de découvrir la Namibie. D’ailleurs, ce décor n’est pas sans nous rappeler le parc national d’Arches, aux États‑Unis.

Alors que nous amorçons le dernier virage nous ramenant au lodge, une silhouette animale se dessine entre les arbres. Immobile, elle nous observe. Nous avançons prudemment… jusqu’à distinguer un zèbre, occupé à brouter en toute tranquillité. Un second le rejoint bientôt, et nous restons là, silencieux, à les contempler pendant un bon quart d’heure. Être à pied, à seulement quelques mètres de ces animaux que nous n’avions vus jusqu’ici qu’à travers les vitres de notre voiture, rend l’expérience tout simplement incroyable.

Quelle chance de les croiser au pied du Spitzkoppe ! Nous n’aurions pas pu rêver meilleur cliché pour immortaliser ce moment.

Il est 17h45 lorsque nous regagnons notre bungalow. Cette balade restera sans doute l’un des plus beaux souvenirs de ce voyage. Marcher seuls au milieu de ces rochers orangés était déjà magique, mais la rencontre imprévue avec les zèbres a rendu cette après-midi absolument parfaite.

Le temps de prendre un douche puis nous nous rendons au bar du lodge pour profiter du coucher de soleil.

Lorsque nous arrivons, la terrasse est déserte. Peu à peu, un autre couple puis une famille nous rejoignent, mais cela reste très calme. C’est précisément ce que nous aimons dans ce lodge : son atmosphère intimiste, rendue possible grâce à son petit nombre de bungalows.

Nous nous installons sur un transat et commandons deux cocktails en attendant le sunset.

Le spot est idéal malheureusement, l'horizon est légèrement voilé ce soir - nous devons nous contenter d'un ciel rose pastel.

Une fois le soleil couché, nous nous dirigeons vers le restaurant où nos entrées sont déjà dressées. Au menu : salade méditerranéenne, viande séchée (la spécialité de la région), poulet farci, légumes et cheesecake. Un excellent repas dans une ambiance tamisée.

Retour au bungalow à 21h00.

Spitzkoppen Lodge

Nous avons passé un séjour exceptionnel au Spitzkoppen Lodge. Les bungalows sont spacieux, très confortables et parfaitement intégrés au paysage, avec une vue incroyable sur les dômes granitiques et la savane. L’atmosphère est intimiste grâce au petit nombre d’hébergements, ce qui rend l’endroit particulièrement paisible. Le personnel est chaleureux, professionnel et très attentionné. De nombreuses activités sont proposées : randonnées balisées, visites guidées, VTT, safari nocturne ou encore escalade. Le lodge dispose également d’un très bon restaurant et d’espaces communs agréables, le tout dans un cadre naturel spectaculaire. Un lieu unique, idéal pour profiter pleinement de la magie du Spitzkoppe. Ce lodge n’est clairement pas le plus abordable du voyage mais l’expérience qu’il offre justifie largement son prix.

Réservation ici : Spitzkoppen Lodge

Distance parcourue : 184 km dont 85 km sur piste

bottom of page