Réveil à 7h15 au Spitzkoppen Lodge. Je saute du lit, attrape la GoPro et l’installe sur la terrasse : impossible de manquer le lever du soleil sur la savane. Les couleurs explosent minute après minute, les ombres se déplacent, et le paysage change sous nos yeux comme un décor de cinéma.


À 8h15, nous nous mettons en marche vers le restaurant. C'est l'heure où la lumière matinale sublime les rochers. Cette courte balade nous offre une dernière occasion de savourer la beauté du Spitzkoppe.



A notre grand étonnement, nous sommes les premiers à prendre place. La salle, entièrement vitrée, offre une vue magnifique sur l’extérieur.

De retour à notre cottage, nous surprenons ce beau Rufipenne Nabouroup tranquillement perché sur la rambarde.

Nous appelons Abraham, qui arrive aussitôt avec sa voiturette et charge nos bagages avec son efficacité habituelle. Direction la réception pour le check‑out. Le responsable nous demande si tout s’est bien passé et si nous comptons aller voir l’arche. Bien sûr que oui ! L’accès privé du Spitzkoppen Lodge est fermé par un portail ; il nous remet donc une clé, que nous devrons rapporter à la réception du camping avant de quitter la réserve.

Après cinq minutes de piste, nous atteignons le parking qui mène à l’arche. Une seule voiture est garée : rien à voir avec la foule qui s’y presse au coucher du soleil. À peine sortis du véhicule, nous sommes happés par de puissantes rafales de vent. Nous avançons prudemment sur les rochers et découvrons cette belle arche que la nature a sculptée dans le granite.


Lorsque nous atteignons l’arche, le vent redouble de violence. Impossible de rester debout, nous devons nous asseoir pour ne pas être balayés par les rafales. Malgré ces conditions extrêmes, la magie du lieu opère. L’arche, monumentale, offre une vue splendide, comme une fenêtre ouverte sur le massif du Spitzkoppe. Une atmosphère qui n’est pas sans nous rappeler certains paysages de l’Ouest américain.


On grimpe sur les énormes blocs de granit, intrigués par ces rochers ronds délicatement posés comme des sculptures naturelles.


Dans les environs de l’arche, certains blocs de granite abritent des cavités qui lors des pluies, se remplissent et deviennent des piscines naturelles : les Rock Pools.

En approchant, nous faisons s’envoler une nuée d’oiseaux qui se baignait tranquillement dans cette petite piscine naturelle. Nous nous éloignons rapidement, désireux de ne pas les perturber davantage. Durant la saison sèche, l’eau est si rare que la moindre flaque devient un point de ralliement pour la faune.

Le retour jusqu’à la voiture est court mais éprouvant : les rafales sont si violentes que nous avançons à tâtons, la tête baissée, pour éviter les nuages de sable qui fouettent nos visages. Impossible d’explorer davantage sous une telle tempête ; nous devons renoncer. Nous reprenons alors la route et poursuivons notre visite du Spitzkoppe en voiture.

Cet immense rocher granitique, à l'apparence lisse, est surnommé Sugar Loaf

À 11h00, nous remettons la clé du portail à la réception du camping : il est temps de dire adieu au Spitzkoppe. Malgré cette matinée écourtée, nous sommes heureux d’avoir pu profiter pleinement des lieux la veille, lors de notre balade au milieu des zèbres. Sur le parking, un magnifique arbre à carquois en fleur attire notre attention.

Nous prenons la route en direction d'Uis, pour environ 1h30 de trajet. La piste D1930 est en mauvais état avec, au programme, tôle ondulée, nids de poule et ornières. Bref, la vigilance est de mise !
Il est midi lorsque nous atteignons la station-service d'Uis. L'endroit est très animé : de nombreux locaux vendent des pierres sur le parking ou refont le monde assis au bord de la route. Nous profitons de cet arrêt pour faire le plein d'essence mais aussi nous ravitailler en eau et en snacking.
Nous reprenons la piste C35 pour rejoindre le secteur de Twyfelfontein, situé à 135 km, soit environ deux heures de route. Comme précédemment, nous restons prudents et ne dépassons pas les 80 km/h : les portions roulantes sont régulièrement ponctuées d’imprévus. Le décor est superbe mais la route exige toute notre attention.
Le long de cette piste, on croise plusieurs “villages himbas” installés uniquement pour les touristes. De petits baraquements où des namibiens, habillés en Himba ou en Herero, font de grands signes pour attirer les voitures qui passent. L’ensemble manque clairement d’authenticité et fait très attrape-touriste. Pour découvrir de vrais camps et des rencontres plus respectueuses, nous vous conseillons de pousser jusqu’à Epupa, où les communautés vivent encore selon leurs traditions ancestrales.

Sur les derniers kilomètres, nous retrouvons enfin l’asphalte. Quel soulagement de pouvoir rouler détendus, sans garder en permanence les yeux rivés sur la piste !

Au fil de notre remontée vers le nord du pays, la végétation change progressivement : les buissons secs disparaissent peu à peu pour laisser place à plus de verdure. La région du Damaraland concentre de nombreuses rivières éphémères, alimentées par les pluies lors de l'été austral.

D'ailleurs, nous nous dirigeons vers Twyfelfontein qui signifie "source aléatoire" en damara.
Mais avant, nous avons décidé de faire un crochet par Organ Pipes, un site géologique composé d'orgues basaltiques.
Les Organ Pipes se visitent en deux minutes à peine, sans aucune explication, aucune pancarte, aucun guide pour donner du contexte. L’accueil est mauvais, et le site — qui n’est absolument pas mis en valeur — manque clairement d’intérêt. Pour nous, c’est une visite que nous ne recommandons pas du tout. Payer 500 NAD (soit 26 € pour deux) pour une balade expresse devant des formations géologiques peu spectaculaires et sans la moindre information, c’est presque de l'arnaque ! En comparaison, l’entrée du parc national de Sossusvlei coûte 100 NAD par personne...



Agacés d'avoir payé pour si peu, nous n’avons même pas poussé jusqu’à Burned Mountain, pourtant incluse dans le billet.

De retour au parking, nous croisons une famille de Français qui hésite à faire la visite. Nous la leur déconseillons vivement. Eux reviennent tout juste du site de pétroglyphes de Twyfelfontein et en sont enchantés. Une bonne nouvelle pour nous : c’est justement notre prochaine étape !
Il est 15 heures lorsque nous nous garons sur le parking de Twyfelfontein. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce site abrite certains des plus beaux pétroglyphes d’Afrique. Pour commencer la visite, une courte marche s’impose : le bâtiment d’accueil est niché derrière les rochers, légèrement en retrait. Cette fois, nous réglons 570 NAD pour deux — un prix raisonnable justifié par la qualité de la visite guidée.
On nous explique que les groupes sont composés de 5 personnes maximum et que notre guide sera Elizabeth. C'est parti pour un passionnant voyage dans le temps !

À ce jour, Twyfelfontein compte près de 2 500 pétroglyphes gravés sur plus de 200 rochers de grès. La plupart remonteraient à environ 5 000 ans, tandis que d’autres, plus récents, dateraient d’environ 2 500 ans. Notre guide nous explique que la présence d’une source attirait autrefois de nombreux animaux — et donc des chasseurs — qui ont laissé ici la trace de leur passage.

De nombreuses gravures, à l'image de ce rocher, représentent des empreintes animales ou humaines.


Ce rocher est l’un des plus surprenants de Twyfelfontein et aussi l’un des plus instructifs. La présence d’une otarie gravée (à droite) montre qu'il existait autrefois des liens avec le littoral, pourtant situé à plus de 100 km d’ici. Une indication fascinante des déplacements et des échanges qui existaient déjà entre les populations du Damaraland.


Nous voici devant l’une des gravures les plus emblématiques du site : le Lion Man, un lion doté de mains humaines, interprété comme une figure chamanique.


Nous avons adoré cette visite guidée qui vaut largement le détour. Le parcours est vraiment sympa et bien aménagé, avec des passerelles pour monter et descendre. Notre guide, Elizabeth, bavarde et dynamique, a enchaîné les questions sans laisser le moindre temps mort, rendant l’expérience vivante et très interactive.
Nous reprenons la route à 16h15 pour rallier notre hébergement du soir situé à seulement 10km.
10 minutes plus tard, nous franchissons les portes du Ondili Twyfelfontein Adventure Camp.


Il s’agit de notre deuxième lodge de la gamme Ondili après le Homestead Desert Lodge de Sossusvlei et, le moins que l’on puisse dire, c’est que nous sommes loin d’être déçus. Après nous avoir offert des jus de fruits frais, le réceptionniste nous confirme que notre réservation pour la sortie des éléphants du désert, prévue pour le lendemain, est bien enregistrée.

Notre tente, au style très campement chic, se fond parfaitement dans le décor naturel.


Cette salle de bain ouverte sur l'extérieur est sans doute la plus atypique du voyage !



Après une douche rapide, on traverse les parties communes qui regroupent un restaurant, un coin brasero et une piscine, avant d’emprunter les escaliers aménagés dans la roche pour rejoindre le spot de sunset au sommet de la colline.


Vu d’en haut, le lodge apparaît comme posé au cœur d’un amphithéâtre naturel de roches et de sable ocres. Le cadre est spectaculaire, l’emplacement absolument unique, avec cette impression d’être seuls au monde au milieu de ce somptueux désert.

Alors que nous pensions être arrivés, on découvre qu’il faut encore crapahuter cinq bonnes minutes dans les rochers. Évidemment, Nella n’a pas du tout les chaussures adéquates… ce qui déclenche un fou rire partagé avec le couple de belges qui nous suit !

Une fois en haut, une petite cahute transformée en bar trône sur le plateau : l’endroit rêvé pour siroter un verre face aux rochers qui s’embrasent. Nous commandons deux bières et nous nous installons à côté des belges qui reviennent tout juste de leur sortie aux éléphants du désert.


Depuis ce promontoire, la vue sur la savane environnante est tout simplement sublime, surtout lorsque le soleil couchant révèle les teintes ocres de la roche.


C’est aussi ça qu’on aime en Afrique : profiter jusqu’au bout des dernières lueurs du jour, assis à regarder la lumière décroître lentement.



À 18h30, il est temps de rejoindre le restaurant. Comme d’habitude, c’est un menu unique avec une soupe servie en guise de bienvenue. Les entrées sont proposées sous forme de buffet, puis on nous attend au barbecue pour le plat principal : trois viandes au choix — kudu, bœuf ou poulet. On choisit la locale, le kudu. La cuisson est parfaite, la viande bien marinée, pleine de saveurs : un vrai régal ! Le repas se termine sur un cheesecake joliment présenté.

Nous regagnons la tente vers 20h00, alors que la nuit est tombée sur le camp.

Ondili Twyfelfontein Adventure Camp
Le Twyfelfontein Adventure Camp est un hébergement situé à environ 90 km de Khorixas, en plein cœur du Damaraland, dans un environnement isolé qui colle parfaitement à l’esprit “aventure” de la région. Les tentes, installées sur des plateformes en bois, sont confortables et offrent une vue dégagée sur les collines ocres. Le camp dispose d’un spot aménagé en haut de la colline, avec un petit bar idéal pour profiter du sunset — un vrai plus en fin de journée. Les parties communes comprennent également un brasero et une piscine, parfaits pour se détendre après les excursions. Le restaurant propose un menu unique, simple et convivial, où l’on retrouve des viandes locales comme le kudu. Le camp est idéalement situé pour explorer les gravures rupestres de Twyfelfontein, les formations rocheuses emblématiques et, surtout, les éléphants du désert. Une ambiance simple et chaleureuse, très nature — le parfait camp de brousse chic.
Réservation ici : Ondili Twyfelfontein Adventure Camp
Distance parcourue : 258 km dont 238 km sur piste



