7h30 : Réveil face à l'océan au Kairos Cottage B&B. Nous avons très froid dans notre chambre et pour cause, dehors la température est de 8 degrés seulement !

Direction la salle commune pour prendre le petit-déjeuner. Nous sommes chaleureusement accueillis par la serveuse qui nous remet une carte. Nous optons pour des sandwichs club toastés : un délice !

A 8h45, nous faisons le check-out et laissons nos bagages au B&B le temps d'aller visiter Kolmanskop.
Nous y arrivons 15 minutes plus tard et réglons l'équivalent de 17€ pour deux. Contrairement à ce que nous avions lu avant de venir, pas besoin de permis ni d’arriver à 8 heures pour visiter ce site. La première visite guidée (obligatoire) est à 9h30 donc il suffit juste d’arriver avant.
Une fois la barrière franchie, nous remontons la rue principale de Kolmanskop avant de nous garer devant le bureau des rangers situé dans l’ancien casino de la ville.



Lorsque nous pénétrons dans le bâtiment, nous sommes accueillis par une Ranger qui nous demande si nous préférons suivre la visite en anglais ou en allemand. En attendant 9h30, nous flânons dans le hall principal qui abrite un café et une boutique de souvenirs.
A 9h30, nous sommes invités à nous rendre dans l’ancienne salle de jeux qui servait également de théâtre. Nous nous greffons au groupe anglophone qui compte une vingtaine de visiteurs, tandis que le groupe germanophone, nettement plus réduit, ne compte que quelques personnes. Notre guide, sympathique et pleine d’énergie, se montre claire et facilement compréhensible.
La visite de cette ancienne cité diamantifère est passionnante. A la fin du XIXème siècle, des colons allemands découvrirent que ce désert de sable et de pierres recelait des diamants. Rapidement, une compagnie diamantifère allemande s'installa et une ville fut construite en 1908. Celle-ci était extrêmement moderne pour l’époque, entièrement électrifiée, et chaque habitation possédait sa propre ligne téléphonique.
Après la salle de jeux, la guide nous conduit dans l'ancien bowling de la ville. De quoi divertir les 400 habitants de Kolmanskop !

Direction ensuite l'ancienne fabrique de glace.

Les ingénieurs allemands, en avance sur leur temps, avaient réussi à fabriquer un grand bac avec un système de refroidissement (à droite) pour conserver leurs précieuses bières au frais !

Chaque mois, des milliers de litres d’eau potable étaient acheminés depuis Le Cap jusqu’à Kolmanskop via ce tramway, autrefois tiré par des mules.

Une maison des années 1920 a été reconstituée, correspondant à la période où Kolmanskop était à son apogée. Puis la cité a été progressivement désertée lorsque des filons plus importants ont été découverts plus au sud, près d’Oranjemund. Les derniers habitants ont quitté Kolmanskop en 1956, lorsque l’accès à l’eau potable a été coupé, abandonnant la ville aux éléments.


La visite se termine au bout d'une heure. Dommage car notre guide est passionnante et nous aurions aimé visiter d’autres lieux en sa compagnie. Elle nous invite à poursuivre la visite par nous-mêmes et nous met en garde contre les scorpions et serpents qui peuvent être cachés dans les maisons. Charmant !
Le groupe se disperse à travers la ville et nous découvrons nos premières maisons ensablées avec un couple de jeunes singapouriens. Se dire que ces endroits étaient remplis de vie autrefois rend l'atmosphère très particulière.




Ces lieux sont très photogéniques, on s'en donne à cœur joie !

Jouxtant l'hôpital, cette maison appartenait jadis au médecin de la ville.

Nous visitons ensuite de petites habitations mitoyennes dans lesquelles étaient logés les ouvriers célibataires.

Certaines pièces sont tellement ensablées qu’on ne tient pas debout ! D’ailleurs, de nombreux écriteaux nous rappellent que nous pénétrons dans les maisons à nos risques et périls, des éléments pouvant s’effondrer à tout moment.

Nous nous dirigeons ensuite vers l'ancien hôpital de Kolmanskop. Cet hôpital a été le premier d'Afrique équipé d'une machine à rayons X, essentiellement pour vérifier si les mineurs n'avaient pas avalé des diamants avant de rentrer chez eux. A l'intérieur, l'ambiance est lugubre et le silence total. On se croirait dans Silent Hill.






Pour la petite histoire, le médecin avait aménagé une cave sous l’hôpital (la petite porte à droite) et prescrivait aux patients un verre de vin par jour pour qu’ils gardent le moral !

Etrangement, la plupart des visiteurs se cantonne à quelques maisons et ne cherche pas davantage à explorer les lieux. Nous serons seuls jusqu'à la fin de la visite, ce qui n'est pas pour nous déplaire !
Nous nous dirigeons vers cet ancien lotissement situé au sud de la ville. Ces maisons étaient habitées par des travailleurs allemands et leurs familles. Il est important de préciser que de nombreux namibiens travaillaient également à la mine. La plupart d’entre eux étaient des Ovambos, une tribu du nord de la Namibie, dont les hommes étaient réputés pour leur grande taille et leur force. Les malheureux vivaient reclus dans des baraquements situés à l'extérieur de la ville durant deux ans — la durée de leur contrat. Lorsque leur dernier jour de travail arrivait, on leur donnait un grand verre de laxatif et 3 jours après, ils étaient radiographiés afin de s’assurer qu’ils ne ramenaient pas de diamants chez eux.

Certaines maisons ont les portes et les volets fermés donc nous préférons ne pas prendre de risque et passer notre chemin.


Ces ouvertures sur le désert sont aussi belles qu'insolites...


Le niveau d'ensablement de certaines habitations est vraiment impressionnant !



Nous voici devant l'ancienne école de Kolmanskop située à la pointe sud de la ville. Nous commençons par visiter le premier bâtiment qui accueillait autrefois le personnel administratif.

Il s'agit de l'une des maisons où les peintures murales — pourtant centenaires — sont les plus belles.


A défaut des serpents ou des scorpions, nous croisons de nombreux lézards !

Nous terminons par la visite de l’école et ses salles de classe. Cette dernière est moins ensablée que les autres bâtiments.



Par-delà cette fenêtre s’étend le Sperrgebiet c’est-à-dire la zone interdite où les mines de diamants sont toujours exploitées.


Sur le chemin du retour, nous observons différentes variétés de succulentes. Ces plantes sont très répandues dans cette zone désertique de la Namibie.




Notre visite de Kolmanskop touche à sa fin. Cette ville fantôme envahie par le sable est fascinante, elle nous a littéralement transportés à travers le temps. Nous avons adoré explorer ces bâtiments ensablés, aussi photogéniques qu'extraordinaires. Décidément, le sud namibien ne cesse de nous émerveiller…
Nous quittons le site à 12h00 direction le centre-ville de Lüderitz.
Nous n’avions pas prévu de passer autant de temps à Kolmanskop donc la visite se fait au pas de course. Nous commençons par nous rendre sur Aeroplane Beach où une grande sculpture a été installée.


Direction ensuite l'église luthérienne de Lüderitz, Felsenkirche, qui domine la ville depuis son promontoire. Celle-ci est réputée pour son vitrail malheureusement, elle n’est ouverte qu’entre 17h et 18h. Néanmoins, rien que la vue vaut largement le détour.
Nous grimpons sur les rochers de granit situés au-dessus de l’église pour avoir une vue encore plus dégagée sur la ville et la côte atlantique. Nous sommes frappés par l’architecture des demeures en contrebas qui semblent être restées figées dans l’époque coloniale allemande, aujourd’hui pourtant révolue.



La Goerke Haus fut construite en 1910. Il s’agit de l’une des résidences les plus extravagantes de la ville et de l’un des plus beaux vestiges d'Art nouveau.

En contrebas se trouvent les très colorées Painted Ladies de Lüderitz dont la Haus Eberlanz. Leur architecture nous ferait presque oublier que nous sommes en Afrique !



A 13h00, nous interrompons notre visite de la ville pour aller récupérer nos bagages au Kairos Cottage.
Nous profitons d’être sur Shark Island pour nous rendre à la pointe de la presqu’île. Surnommée "Death Island", elle servit de camp de concentration entre 1905 et 1907 où des milliers de Hereros et de Namas ont été déportés. C’est très étrange car aucune trace ne subsiste de ce passé sanglant hormis un petit mémorial à l’entrée. Aujourd’hui, c’est un terrain de camping venteux où se rendent les visiteurs pour profiter de la vue imprenable sur l’océan.




Nous reprenons la voiture pour poursuivre notre visite du centre-ville. Nous nous arrêtons devant la Deutsche Afrika Bank proclamée monument national.

Une centaine de mètres plus loin se situe l’ancienne gare de Lüderitz construite en 1914.

Nous achevons la visite de Lüderitz à 13h30 et reprenons la route B4 en direction d’Aus.

Après 1h30 de route à travers les immensités désertiques, nous quittons l'asphalte pour nous engager sur la piste C13. Large et très roulante, cette belle piste de sable rouge matérialise le début de notre longue remontée vers le nord du pays. Après avoir quitté la côte atlantique, nous retrouvons une chaleur douce : le thermomètre affiche désormais un agréable 28 °C.

Nous ne croisons quasiment personne hormis deux autruches qui prennent la fuite dès que je sors de la voiture pour les photographier !

Nous sommes impressionnés par la variété des paysages que nous traversons. Après les grandes étendues plates et sableuses, nous arrivons dans une zone montagneuse où la piste C27 prend de l'altitude et se fait plus sinueuse. Certaines montagnes rougeoyantes nous font grandement penser aux paysages de l'Ouest américain. Bref, c'est un vrai régal de rouler sur cette piste !
Dans ce gigantesque no man's land, aucun village à l’horizon ; seulement quelques fermes isolées et, de temps à autre, des habitants circulant en charrette.




Après avoir parcouru 200 km, nous atteignons le Betta Lodge à 17h30. Perdu au croisement de deux pistes, au milieu de nulle part, cet hébergement aux allures de Bagdad Café nous permet de couper la longue remontée vers Sesriem. L'endroit est désert : notre voiture est la seule sur le parking et le bâtiment principal, que nous pensions abriter la réception, affiche porte close.
Nous commençons à nous demander ce que nous faisons là lorsqu’un jeune namibien nous interpelle. Après avoir vérifié notre réservation, il nous explique que la réception ferme à 17h et qu'il faudra procéder au check-in le lendemain matin. Il précise aussi que l’établissement vient tout juste d’être repris — ce qui explique pourquoi nous sommes seuls — et que le restaurant fonctionne uniquement sur réservation. Problème : nous n'avons absolument rien à manger. Devant notre désarroi, l’employé arrangeant nous ouvre la boutique afin que nous puissions y faire quelques courses.
Ensuite, il nous montre la salle de restaurant où sera servi le petit-déjeuner le lendemain matin puis il nous conduit à notre cottage. Pendant que Seb vide la voiture, l’employé me demande à quelle heure nous prenons la douche. Interloquée, je lui demande de répéter la question mais j’ai visiblement bien compris ! Il se met alors à rire et m’explique qu’il a besoin de savoir si nous avons prévu de nous laver le matin ou le soir afin de mettre du bois dans le chauffe-eau. Il me montre alors un système archaïque mais qui fonctionne super bien : chaque cottage dispose d’un chauffe-eau métallique installé à l’extérieur et chauffé au bois. Nous rencontrerons cette installation plusieurs fois durant notre séjour. Nous restons un moment à discuter avec ce sympathique jeune namibien avant de prendre congé.

Notre chambre, fraîchement rénovée, dispose de tout le confort moderne. Côté déco, vous noterez la corne d’oryx servant de poignée à la porte de salle de bain ! A l’extérieur, la terrasse couverte dispose d'une table, d’un évier et d’une plaque de cuisson.

Le drone nous offre une vue d’ensemble du Betta Camp, perdu dans le désert.




S’en suit une agréable soirée à débriefer de cette belle journée sur la terrasse.

Betta Camp
Situé au croisement des pistes C27 et D826, en plein désert namibien, le Betta Lodge apparaît comme une halte isolée mais accueillante. L’établissement propose différents types d’hébergements : des chalets en pierre naturelle avec patio et barbecue, des chambres familiales, ainsi qu’un Mountain Camp à 1,5 km, offrant des chalets de camping plus rustiques et des emplacements pour tentes. Nous avons opté pour un chalet en pierre entièrement rénové avec salle de bain privative et climatisation. Sur place, on trouve un café, une boutique et une station-service. Le restaurant fonctionne uniquement sur réservation préalable, tandis que le petit-déjeuner est servi sous forme de buffet à la carte. Le Betta Camp constitue une étape idéale pour couper la route entre le sud namibien et Sesriem.
Réservation ici : Betta Camp
Distance parcourue : 358 km dont 203 km sur piste



