Réveil à 7h00 au Betta Camp. Il fait moins froid que les jours précédents, sans doute parce que nous commençons à remonter vers le nord du pays.

La végétation qui entoure le camp attire de nombreux oiseaux, dont ce Bulbul brunoir aux yeux cerclés de rouge.

À 8h00, nous pénétrons dans l'immense salle de petit‑déjeuner, un lieu froid et aseptisé. Les guépards empaillés, figés dans des poses de chasse, renforcent notre malaise. Nous nous dirigeons vers le buffet assez sommaire où une serveuse nous demande ce que nous souhaitons manger. Nous désignons deux petits chaussons à la viande semblables à des empanadas, qu’elle part réchauffer en cuisine.
Quelques minutes plus tard, nous demandons à la même serveuse s’il est possible d’avoir des œufs brouillés. Elle fronce les sourcils et nous demande si nous avons réservé le petit‑déjeuner. Nous lui expliquons que nous avons passé la nuit au Betta Lodge et que le petit‑déjeuner est censé être inclus. On la voit alors paniquer légèrement avant de revenir avec des cartes. Nous comprenons que le buffet est réservé aux clients de passage, tandis que les petits‑déjeuners inclus se choisissent à la carte. Sur les sept plats proposés, trois ne sont pas disponibles… Nous finissons par opter pour deux assiettes healthy, histoire de ne pas perdre davantage de temps.
A la fin du repas, la serveuse, désolée, nous facture les chaussons à la viande. Nous payons à contrecœur, touchés par son embarras. Entre réception fermée, confusion sur le petit-déjeuner et employés visiblement sous pression, l’ouverture du lodge paraît chaotique.

Nous prenons finalement la route à 9h30, avec l'objectif de rejoindre Sesriem situé à 137 km. La piste C27 est toujours aussi agréable que la veille et les paysages désertiques que nous traversons sont de toute beauté.

Au bout de 55 km, des panneaux nous avertissent que la piste traverse le parc naturel de NamibRand. Cette réserve appartenant à plusieurs fermes privées, couvre une surface de 200 000 hectares de dunes, de prairies désertiques et de massifs montagneux reculés. La prudence est de mise car elle abrite une faune variée qui peut surgir à tout moment.
D'ailleurs, quelques kilomètres plus loin, nous apercevons un troupeau d'une quinzaine d'oryx en train de traverser la piste.

Il est temps d'étrenner notre téléobjectif pour capturer la beauté de ces grandes antilopes, véritables emblèmes du pays.

Une poignée de kilomètres plus loin, nous quittons la piste principale pour explorer la réserve NamibRand en espérant y observer davantage d’animaux. Cette entrée permet d'accéder aux différents lodges du Wolwedans, situés une vingtaine de kilomètres plus loin. N’ayant pas de réservation dans cet établissement ultra‑luxueux (comptez au minimum 1500 € la nuit pour deux), nous prévoyons de faire demi-tour avant d'atteindre la réception.

D'abord assez caillouteuse, la piste s'adoucie ensuite en traversant une immense prairie sableuse.

Les paysages de cette réserve sont splendides, avec ce contraste entre les montagnes sombres et la plaine blonde tout juste ponctuée de quelques arbres.


Nous apercevons un otocyon qui semble veiller sur l'entrée de son terrier. Avec ses grandes oreilles, impossible de rater cet adorable petit canidé !

La piste file ensuite tout droit vers ces dunes rougeoyantes.

En prenant le temps d'observer les mouvements dans la savane, nous repérons quelques springboks qui se déplacent avec légèreté entre les herbes.

Nous continuons sur cette superbe piste, déterminés à nous rapprocher un peu plus des grandes dunes.

Vu de près, leur teinte orangée qui se détache sur le ciel bleu azur est tout simplement sublime.

Alors que nous sommes en train de faire des photos, nous apercevons une jeep de safari qui se dirige vers nous. Le conducteur — qui transporte des touristes — s'arrête à notre niveau et nous informe que nous sommes dans une réserve privée. Si nous voulons rester, nous devons nous présenter à l’accueil du lodge et justifier d’au moins une nuitée sur place. Sinon, nous sommes invités à faire demi tour, ce que nous faisons immédiatement.
De retour sur la piste C27 à 11h45, nous tombons sur un nouveau panneau à ajouter à notre collection !


Cet arbre solitaire, perdu au milieu de l'immensité de la savane namibienne, attire l'objectif de mon appareil photo.

Peu après, nous apercevons un troupeau de zèbres. Ils sont assez loin mais grâce au téléobjectif et aux jumelles, nous parvenons à les observer en détail.


Ce zèbre au bord de la piste nous offre un magnifique cliché de ceux qui demeurent, à nos yeux, les plus beaux herbivores de la savane. Leurs rayures hypnotiques tranchent radicalement avec le paysage.

Sur notre gauche s'étendent les immenses dunes de la réserve NamibRand.


Quelques kilomètres plus loin, nous passons à proximité de ce qui semble être un cône volcanique très ancien.


À 13h10, en arrivant au checkpoint de Sesriem, nous sommes frappés par l’affluence, bien supérieure à ce que nous avions connu jusqu’à présent. Un garde, avec un accent à couper au couteau, procède à un contrôle d’identité. Il nous invite à continuer jusqu’au second portail pour y régler nos entrées. Avant de nous laisser passer, il marmonne quelque chose comme « Gate number one hundred… ». Nous ne saisissons ni la fin de sa phrase, ni ce que ce mystérieux numéro est censé signifier...
Nous avançons donc, toujours intrigués par ce fameux numéro que nous n’avons pas compris. Puis, avant même d’atteindre le second portail, une pancarte sur la gauche indique Sesriem Canyon. Petit souci : nous n’avons pas encore payé.
Perdus, nous nous garons devant l’unique supérette de Sesriem pour demander conseil à d’autres touristes. Un Américain nous confirme que la visite de Sesriem Canyon est gratuite : seuls les accès menant à Sossusvlei — que nous prévoyons de découvrir juste après — sont payants.
Rassurés, nous remontons en voiture et empruntons une piste rock'n roll menant à Sesriem Canyon. Nous sommes surpris par le nombre de 4x4 remplis de touristes qui nous dépassent. Visiblement, la plupart des visiteurs ne se déplacent pas par eux‑mêmes et sont convoyés ici par les hôtels où ils séjournent.
Après 4km de piste chaotique, nous nous garons sur le parking et découvrons Sesriem Canyon. Depuis le bord, il est difficile d’en saisir toute la beauté, alors nous empruntons le sentier qui permet d’y descendre. L'endroit est très fréquenté et contraste fortement avec la tranquillité que nous avions connue dans le sud du pays !

Une fois en bas, nous découvrons un petit slot canyon rappelant ceux que nous avions explorés dans l’Ouest américain. La plupart des visiteurs étant en groupe, nous attendons qu’ils se dispersent pour retrouver un peu de calme et profiter pleinement des lieux.


Nous commençons à remonter le canyon vers l’amont, là où il semble se resserrer. Les parois, hautes d’environ 30 m, ont été sculptées par la rivière Seriem, qui coule de façon épisodique durant la saison des pluies.


Au bout de quelques centaines de mètres, le canyon devient bien plus étroit et la progression impossible à cause d'une profonde mare d'eau stagnante. Derrière, de gros blocs rocheux effondrés bloquent également le passage.


Nous faisons demi‑tour et partons explorer le canyon vers l’aval. Le lieu reste très photogénique, à condition de prendre le temps d’éviter les autres visiteurs !


La majorité des visiteurs se limite à la partie la plus étroite, si bien que nous nous retrouvons presque seuls à explorer l’aval du canyon. Plus large et ponctuée de quelques touches de verdure, cette partie révèle de beaux rochers érodés.



Le canyon de Sesriem s’étire sur 4km, mais nous décidons de nous arrêter à mi‑chemin. Même s’il est assez fréquenté, ce lieu incroyablement photogénique mérite amplement une visite.
Nous reprenons la voiture et faisons un arrêt à la supérette de Sesriem avant de rejoindre le second checkpoint. Le ranger nous pose quelques questions, puis réclame le fameux gate number. Penauds, nous lui avouons ne pas avoir bien saisi le numéro communiqué par son collègue — ni vraiment compris à quoi il servait. Il nous laisse passer pour aujourd’hui, mais précise qu’il faudra lui fournir ce numéro demain.
Nous ne comprenons pas cette organisation : quel est l’intérêt d’avoir un numéro alors qu’ils ont déjà tamponné notre autorisation de rentrer dans le parc ? Pourquoi ne pas fournir un ticket avec ce fameux numéro ? Une chose est sûre, l’organisation africaine n’a pas fini de nous surprendre...
Nous pénétrons enfin dans le parc national de Namib-Naukluft. D'une superficie de 50 000 km², ce parc national est le plus vaste d’Afrique et le quatrième plus grand au monde. A titre de comparaison, sa superficie est légèrement supérieure à celle de la Suisse. Depuis Sesriem, la route file vers l’ouest et s’enfonce dans le désert, jusqu’au secteur de Sossusvlei et ses dunes mythiques, parmi les plus hautes du monde.

La vitesse étant limitée à 50 km/h, nous avons tout le loisir d’admirer le paysage et d’apercevoir les premières dunes orangées au loin. Le thermomètre indique 33 °C : aucun doute, nous sommes bel et bien en plein désert !

Il est 15h15 lorsque nous atteignons Viewpoint situé 23 km après l’entrée. L’émotion est grande lorsque nous foulons le sable des dunes pour la première fois. Sous le soleil, le sable orangé se pare de reflets irisés. Le contraste entre les dunes, les touffes d’herbes vertes disséminées et le bleu du ciel est superbe.


Nous reprenons la route pour nous enfoncer davantage dans le parc. Les dunes qui se dressent devant nous sont gigantesques.


Nous atteignons enfin la dune 40, ainsi nommée parce qu’elle se trouve 40 km après l’entrée du parc. Moins célèbre et moins fréquentée que la dune 45, elle n’en est pas moins superbe avec sa forme pyramidale parfaite.


L’endroit est peu fréquenté à cette heure de la journée, nous sommes seuls avec un autre couple. La lumière sublime les teintes orangées si caractéristiques des dunes du Namib. Nous restons au pied de la dune, Nella se remettant tout juste d’une luxation de la rotule. Mieux vaut préserver son genou avant l’ascension prévue demain.



Nous prenons le temps de photographier la dune 40 sous tous les angles, puis nous nous posons à l’ombre d’un immense acacia, sur une table de pique‑nique, pour goûter.

Lorsque nous sortons notre cake aux fruits (eh oui, encore un !), un corbeau-pie s’approche en coassant. Nous lui donnons une miette qu’il engloutit aussitôt, avant de revenir en réclamer une autre. Nous éclatons de rire : il ne coasse plus, il ronronne !

Nous quittons la dune 40 à 16h15 et reprenons la route vers Sesriem. Les 40 km à parcourir à 50 km/h semblent interminables… d’autant que la route est totalement déserte. Soudain, une autruche surgit et fonce droit vers nous ! Nous avons tout juste le temps de dégainer l’appareil photo pour l’immortaliser alors qu’elle traverse la route.

En repassant par le premier checkpoint, nous en profitons pour redemander notre précieux gate number. Cette fois, nous le notons pour être sûrs de ne pas l’oublier !
Nous prenons ensuite la direction de notre hébergement situé à 35 km d'ici. Les logements à Sesriem étant rares et vite pris d'assaut, nous avons dû nous rabattre sur un lodge un peu plus éloigné. La piste C19 qui y mène est en très mauvais état, pleine d'ornières et de nids de poule.
Il est 17h30 lorsque nous arrivons au Ondili - Desert Homestead Lodge.

Le bâtiment principal, coiffé d’un toit de chaume, est entièrement bâti avec des matériaux locaux. La réceptionniste nous accueille chaleureusement avec les traditionnels jus de fruits frais, puis nous accompagne jusqu’à notre case. Tournée vers le désert, celle-ci est dotée d'une grande baie vitrée et d'une terrasse.

Lorsque nous découvrons l'intérieur, c'est le coup de cœur immédiat ! Les poutres et le toit de chaume apparents apportent une note authentique qui renforce l’atmosphère naturelle et cosy de la chambre.

Le sens du détail est partout, jusque dans le linge de lit orné de broderies représentant des oryx.

Depuis notre terrasse, le désert s’étend à perte de vue.

Alors que la lumière commence doucement à décliner, nous faisons le tour du lodge pour profiter du panorama et explorer les parties communes.

Entouré de roches naturelles et de végétation désertique, l'espace piscine s’intègre parfaitement dans l'environnement. Les transats et fauteuils tournés vers l'immensité du désert invitent à la détente. Nous nous installons au bar pour siroter deux margaritas en attendant le coucher du soleil.


Nous nous dirigeons ensuite vers le restaurant. Comme souvent dans ce type de lodge, le dîner se compose d’un menu unique.

Les plats sont aussi beaux que bons, et le service est impeccable. C’est l’un des lodges où nous aurons le mieux mangé du séjour.

Nous regagnons notre case vers 22h00. Dans la nuit, des rires de hyènes résonnent au loin.

Ondili - Desert Homestead Lodge
Situé à une trentaine de kilomètres de Sossusvlei, Desert Homestead Lodge est le parfait mélange entre luxe discret et tradition. Ses cottages au toit de chaume, construits avec des matériaux locaux, proposent des chambres chaleureuses dotées d’un lit à baldaquin et d’une terrasse privée ouverte sur le désert. Le bâtiment principal abrite un restaurant cosy à la cuisine raffinée. L’espace piscine, parfaitement intégré au paysage, comprend plusieurs bassins entourés de rochers et de zones ombragées, avec une vue imprenable sur le Namib. Respectueux de l'environnement, le lodge fonctionne entièrement à l’énergie solaire et recycle l’eau de la laverie. De nombreuses activités sont proposées, notamment des excursions vers Sossusvlei et Sesriem. Pour nous, c’est un véritable coup de cœur et l’un des plus beaux hébergements de ce voyage.
Réservation ici : Ondili - Desert Homestead Lodge
Distance parcourue : 350 km dont 197 km sur piste



