Réveil à 6h00 au Mirage Resort & Spa. On se prépare rapidement puis on file avaler un petit-déjeuner express. Dehors, il fait encore nuit noire et le vent de la veille s'est transformé en une véritable tempête !
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Check-out à 7h00. On saute dans la voiture car nous avons rendez-vous à Sossusvlei située à 23km de là.
Lorsque nous arrivons à 7h20 sur le parking du Sossusvlei Lodge Adventure, nous sommes accueillis par une tempête de sable. L’inquiétude monte : nous avons réservé un vol au-dessus des dunes du Namib, mais impossible de savoir si l’avion pourra décoller avec un tel vent !
À l’accueil, le prestataire nous informe que nous ne serons que deux à bord. L’avion pouvant accueillir jusqu’à six passagers, on espérait être un peu plus nombreux pour alléger les frais… mais disons que c’est le prix de la tranquillité ! Nous faisons ensuite la connaissance de notre pilote, William, un jeune Sud-Africain aux faux airs de Leonardo DiCaprio. À notre question sur le vent, il nous rassure : les conditions sont idéales pour décoller, même si le vol risque d’être un peu mouvementé.
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Le pilote nous invite à le suivre et nous conduit jusqu’à une Jeep pour rejoindre l’aérodrome. Le trajet ne dure que cinq minutes, mais il est épique : la Jeep n'ayant sans toit ni pare-brise, nous nous prenons des rafales de sable en pleine figure !
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Arrivés à l’aérodrome, William nous détaille le plan de vol : survol de Sesriem, puis du corridor de dunes jusqu’à Deadvlei, avant de revenir en passant au‑dessus des cercles de fées. Le pilote nous demande si nous avons des questions, puis nous montons à bord d’un Cessna 210 de la compagnie Desert Air.

Pas très rassurée à l’idée de voler dans un si petit avion, je m’installe à l’avant tandis que Seb prend place juste derrière moi. Le décollage est aussi rapide qu’annoncé, et nous voilà partis pour 45 minutes de vol au‑dessus du parc national de Namib‑Naukluft, en direction de Sossusvlei.

Très vite, le canyon de Sesriem apparaît sous nos yeux, souvenir encore frais de notre exploration d’il y a deux jours. Pour éviter les reflets sur les vitres, Seb peut ouvrir une petite fenêtre mais il doit cramponner le reflex s'il ne veut pas perdre l'objectif !


Nous survolons ensuite Viewpoint, la première dune que nous avions découverte en entrant dans le parc. On se félicite d’avoir opté pour un vol à l’aube : le soleil levant embrase les dunes et leurs ombres révèlent les reliefs avec une finesse incroyable.




Voici la Dune 40, facilement reconnaissable grâce à sa piste d’accès. Sa forme pyramidale, si parfaite vue du sol, apparaît totalement différente depuis les airs.


Nous survolons ensuite la Dune 45, l’une des plus emblématiques du parc, facilement accessible depuis la route.

Cette dune, avec sa forme si particulière, est surnommée «â€¯la fourche du diable ».

Depuis le ciel, la vue est absolument grandiose. On distingue parfaitement le lit de la rivière Sesriem, qui ne coule que brièvement en été, pendant la saison des pluies. La route empruntée la veille n'est qu'un minuscule trait dans l'immensité du désert.


Nous survolons un vlei à la forme insolite. Lorsque la rivière parvient jusqu’ici, elle n’a aucune échappatoire et termine sa course dans ces cuvettes naturelles entourées de dunes. Lorsque l’eau s’évapore, les sédiments d’argile qu’elle transporte se déposent au fond des vlei et leur donnent cette couleur blanche immaculée.


Enfin, nous survolons Deadvlei, encore plongé dans l’ombre à cette heure matinale.

Notre pilote effectue un large virage pour nous offrir une vue d’ensemble sur Sossusvlei. La vue est splendide, mais le vent latéral secoue l’avion comme un jouet. On a l’impression d’être une feuille ballotée par le vent, secouée au gré des rafales. Je m’agrippe au siège et jette un regard à William qui, imperturbable, pilote d’une main tout en prenant des notes de l’autre. J’en déduis que tout est sous contrôle et j'essaie de me détendre.


Depuis les airs, nous prenons pleinement conscience de la beauté des paysages où nous avons randonné la veille. Le point de vue est totalement différent et la lumière matinale sublime les lieux.



Au nord, une véritable mer de sable s’étend sur plus de 200 km.




En revenant vers Sesriem, les dunes changent de silhouette et sont partiellement colonisées par la végétation.

Peu après, nous apercevons des milliers de cercles de fées. Le diamètre de ces cercles dépourvus de végétation varie de 2 à 12 mètres. Longtemps considéré comme un phénomène propre à la Namibie, ce mystère a été remis en question lorsque des formations similaires ont été découvertes en Australie en 2014. Aujourd’hui, plusieurs théories tentent d’expliquer leur origine, mais aucune ne fait encore consensus.



En fin de parcours, nous survolons la dune Elim, située à 5 km de Sesriem.

Après 45 minutes de vol, il est temps de regagner la terre ferme. J’observe le pilote préparer l’atterrissage qui, malgré le vent, se déroule tout en douceur. Nous débriefons rapidement sur le tarmac, prenons quelques photos, puis William nous ramène en Jeep jusqu’au Sossusvlei Lodge. Nous le remercions chaleureusement de nous avoir fait vivre un moment aussi incroyable. Pour ceux que cela tenterait, cette activité se réserve directement auprès du Sossusvlei Lodge.
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Après avoir passé les deux derniers jours à explorer ces immenses dunes depuis le sol, nous concluons en apothéose avec ce survol. Malgré le budget conséquent, ce moment restera l’un de nos souvenirs les plus marquants, tous voyages confondus. Avec une journée complète et deux demi‑journées sur place, nous avons le sentiment d’avoir pleinement profité de ce site tant attendu.
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Nous récupérons notre véhicule puis nous nous rendons à la station‑service de Sesriem pour faire le plein. Dehors, la tempête de sable fait rage, au point que nous nous sentons presque gênés d’être à l’abri dans la voiture tandis que le pompiste tente, tant bien que mal, de se protéger des rafales.
Aujourd’hui, notre objectif est de rejoindre Walvis Bay située plus au nord, le long de la côte atlantique. La route est longue — environ 315 km — mais nous avons repéré quelques points d’intérêt pour rythmer le trajet.
Nous quittons Sesriem à 9h30 pour rallier notre première étape qui se trouve à 83km.
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À 10h45, nous arrivons à Solitaire, le Bagdad Café namibien.

Perdue au beau milieu du désert, cette bourgade installée au croisement des pistes C14 et C19 compte un motel, une station‑service et une boulangerie/cafétéria réputée pour ses apple strudels. Les carcasses de voitures plantées dans le sable ne sont pas sans rappeler le Canyon Roadhouse, à ceci près que l’endroit est nettement plus touristique.





Nous entrons dans la boulangerie McGregors Bakery et commandons deux tartes aux pommes avec une boisson chaude. Nous nous installons dans la salle commune pour les déguster, ravis d’être à l’abri du vent.

Le McGregors Bakery n'a pas volé sa réputation : ses apple struddels sont un véritable délice !

Autour de nous, ça parle beaucoup français. D’ailleurs, je fais la connaissance d’une française, Véronique, dans la file d’attente des toilettes. Je ne le sais pas encore, mais nos chemins se recroiseront à plusieurs reprises durant le séjour, jusqu’à ce que nous finissions par sympathiser.
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Avant de repartir, nous faisons un tour dans la boutique pour acheter quelques souvenirs et faire le plein de boissons.
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Nous reprenons la route à 11h45. Entre les nids‑de‑poule et la tôle ondulée, on sent que cette portion de la piste C14 est très fréquentée. Rien à voir avec les pistes du sud, qui étaient en excellent état.
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50 km plus loin, nous franchissons pour la seconde fois du séjour le Tropique du Capricorne. Cette fois, nous nous arrêtons pour immortaliser l’instant devant le panneau qui le matérialise.

Quelques kilomètres plus loin, nous traversons la Gaub Pass, un petit canyon sculpté par la rivière du même nom. La piste remonte ensuite sur un plateau offrant de belles vues sur les collines couvertes d’herbes blondes. La température est très agréable, autour de 30 °C.

Les criquets ont adopté les couleurs locales ! Impossible de les repérer lorsqu’ils restent immobiles.

Notre route traverse pour la troisième fois de la journée le parc national de Namib‑Naukluft. Avec ses 50 000 km², il couvre une vaste portion de l’ouest namibien.

Il est 14h15 lorsque nous atteignons le Kuiseb Pass. La piste descend vers la rivière, suit le lit sur quelques kilomètres, puis remonte vers le plateau. Un tronçon particulièrement agréable à conduire, la piste étant ici de bien meilleure qualité et même partiellement goudronnée.
Nous marquons une halte dans la descente pour photographier Kuiseb Canyon. Long de 560 km, ce fleuve éphémère ne coule qu’à la saison des pluies.


En revanche, les points de vue suivants sont soumis à un permis. Des pancartes placées au début de chaque embranchement le rappellent clairement. Comme nous n’avons croisé aucune infrastructure depuis au moins 100 km, impossible de savoir où obtenir ce document. Après notre tentative avortée au NamibRand, nous préférons passer notre chemin…​​

Après le Kuiseb Pass, nous roulons pendant une bonne demi‑heure sur une piste exécrable. En Namibie, celles-ci sont normalement entretenues par des engins qui raclent la couche de sable, de graviers et de pierres pour la repousser sur les bas‑côtés. Ici, rien n’a été fait : de profondes ornières se sont formées et font dévier la voiture. Malgré le poids et l’excellent amorti de notre pick‑up, Seb relâche un peu l’accélérateur et se cale à 80 km/h, car tenir les 100 km/h réglementaires relève du sport. Pour l'anecdote : sur la tôle ondulée, les secousses sont si fortes qu’une de nos bouteilles d’eau finit par fuir !
Passé cette portion éprouvante, nous nous arrêtons à un point de vue pour reprendre nos esprits. Plusieurs véhicules de tours opérateurs sont déjà stationnés. Trois quivertrees, semblant s’accrocher à la vie au milieu de ce désert aride, monopolisent l’attention des visiteurs. Après en avoir vu des centaines au Quivertree Forest, nous ne ressentons pas le besoin de nous en approcher.​

Nous reprenons la route à 15h00. La piste C14, que nous suivrons jusqu’à Walvis Bay, s’étire devant nous en une ligne droite interminable. Jamais nous n’avons traversé un paysage aussi désolé : tout est monochrome, décliné en gris et beige, sans le moindre relief à l’horizon. La piste est en mauvais état, et Seb doit rester vigilant face aux nids‑de‑poule et aux ornières qui surgissent sans prévenir.
Au bout de 62 km de ligne droite, un relief apparaît enfin sur notre gauche. C’est le terrain de camping de Vogelfederberg, installé autour d’une formation rocheuse érodée. Cette pause est la bienvenue, surtout pour Seb qui commence à fatiguer à force de tenir fermement le volant. L’ambiance est très wild : aucune infrastructure et pas âme qui vive.


En atteignant le sommet de cette barre rocheuse, on découvre avec étonnement un vaste dôme de granit caché juste derrière. Sa surface lisse évoque la carapace d’une tortue géante.

De l’autre côté, on surplombe la vaste plaine désertique que nous traversons depuis près d’une heure. Le spot de camping idéal pour qui rêve de solitude !

Finalement, nous arrivons à 16h45 à Walvis Bay. Changement radical d’ambiance : en quelques heures, la température est passée de 30 à 13 °C et le ciel s’est couvert. Première impression, la ville n’est pas vraiment séduisante ; on est bien plus proche d’une cité portuaire industrielle que d’une station balnéaire. Heureusement, le quartier en front de mer où se trouve notre logement offre une atmosphère plus agréable, avec de belles maisons. Sur le plan touristique, Walvis Bay reste un bon point de chute car de nombreuses excursions partent d’ici.
Nous posons nos bagages pour une nuit au Lagoon View Self Catering.

Nous sommes chaleureusement accueillis par le propriétaire, un Sud‑Africain d’une soixantaine d’années. Il prend le temps de nous faire visiter la maison et de nous expliquer le fonctionnement de l’alarme (c’est sûr, mais bon…). Summum du confort : il y a des radiateurs d’appoint, ce qui signifie que, contrairement à Lüderitz, nous ne grelotterons pas demain matin !


Les immenses baies vitrées du séjour et de la chambre offrent une vue splendide sur l’océan. Nous sommes ravis d’avoir opté pour cette guesthouse, d'autant que les commodités sont à proximité.

À 18h30, nous nous dirigeons vers la marina où le propriétaire nous a recommandé le restaurant Anchor. Malheureusement, il est complet, et une longue file d’attente s’est déjà formée.
Nous finissons par jeter notre dévolu sur le Dockside Seafood & Grill situé juste en face. À part un autre couple de touristes, nous ne sommes entourés que de jeunes locaux venus profiter de leur samedi soir. Chaque table dispose d’un chauffage d’appoint, ce qui n’est pas pour nous déplaire ! Nous commandons deux pizzas accompagnées de deux Savannah Dry, le cidre namibien. Le service est très long — plus d’une heure d’attente pour deux pizzas finalement décevantes — mais cela ne nous empêche pas de passer une excellente soirée.

Retour au Lagoon View Self Catering à 21h30.

Lagoon View Self Catering
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Situé en front de mer à Walvis Bay, le Lagoon View Self Catering propose un hébergement spacieux avec vue panoramique sur l’océan grâce à de grandes baies vitrées. Nous avons apprécié l’accueil chaleureux du propriétaire, la propreté des lieux et le confort du logement, notamment la présence de radiateurs d’appoint, très utiles par temps frais. Le logement dispose d’une cuisine entièrement équipée, incluant une machine à laver séchante, idéale pour les séjours plus longs. Installé dans un quartier résidentiel calme, à proximité des services et restaurants, il offre un excellent rapport qualité/prix avec un tarif tout à fait raisonnable (63 € la nuit).
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Réservation ici : Lagoon View Self Catering
Distance parcourue : 343 km dont 309 km sur piste



